La suspension des travaux parlementaires par les députés du Nord-Kivu et de l’Ituri a été soutenue samedi 13 juin 2026 par le notable Jean-Paul Waitswalo en République démocratique du Congo pour réclamer un débat urgent sur l’insécurité persistante qui endeuille les populations de l’Est.
« J’encourage les députés nationaux de l’Ituri et du Nord-Kivu qui ont suspendu, jusqu’à nouvel ordre, leur participation aux sessions ordinaires et extraordinaires de l’Assemblée nationale tant que la question de la sécurité ne sera pas débattue en plénière. Le peuple qui vous a élus est fier de cette prise de position », a déclaré Jean-Paul Waitswalo, notable du Nord-Kivu.
Cette réaction intervient quelques heures après l’annonce faite par les députés nationaux élus du Nord-Kivu et de l’Ituri de suspendre leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale.
Les élus dénoncent l’absence d’un débat de fond sur la dégradation continue de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
À travers cette démarche, les parlementaires attendent interpeller les institutions de la République sur les massacres récurrents des populations civiles ainsi que sur l’urgence d’adopter des mesures concrètes pour restaurer la paix dans les provinces touchées par les violences armées.
Jean-Paul Waitswalo estime que cette décision traduit le ras-le-bol des populations de l’Est face à une crise sécuritaire qui perdure depuis plusieurs années malgré les nombreuses initiatives mises en place par les autorités.
« Le sang des Congolais ne peut pas continuer à couler pendant que le gouvernement demeure silencieux comme si de rien n’était. Le gouvernement a le devoir constitutionnel de protéger la population et la Constitution consacre le caractère sacré de la vie humaine et la priorité absolue devrait être la protection des citoyens contre toutes les formes de menaces et d’insécurité », a-t-il affirmé.
Pour ce notable, la crise qui frappe le Nord-Kivu et l’Ituri doit dépasser les clivages politiques et provinciaux.
Il appelle les représentants d’autres provinces à faire preuve de solidarité afin d’obtenir une réponse nationale à la hauteur des défis sécuritaires auxquels fait face l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans cette perspective, Jean-Paul Waitswalo invite les députés nationaux du Sud-Kivu, du Maniema ainsi que ceux des autres provinces à rejoindre l’initiative engagée par leurs collègues du Nord-Kivu et de l’Ituri.
« Et dans un esprit d’unité nationale, j’invite également les députés du Sud-Kivu, du Maniema et des autres provinces à rejoindre leurs collègues afin de pousser le gouvernement à assumer pleinement ses responsabilités face à cette crise sécuritaire », a-t-il poursuivi.
Le notable a également exhorté les sénateurs de l’Ituri et du Nord-Kivu à s’associer à cette démarche afin de renforcer le plaidoyer en faveur des populations victimes de l’insécurité et des déplacements forcés.
Selon lui, seule une mobilisation collective des institutions et des acteurs politiques permettra d’apporter des réponses durables aux attentes des populations qui vivent depuis longtemps dans un climat d’incertitude et de peur.
« L’heure est à l’unité, à la solidarité et à l’action en faveur de nos populations qui vivent dans l’insécurité depuis trop longtemps. La protection de la population doit être au-dessus de toute autre considération », a conclu Jean-Paul Waitswalo.
Cette prise de position intervient alors que les députés nationaux du Nord-Kivu et de l’Ituri dénoncent notamment l’inefficacité de l’état de siège instauré depuis mai 2021 dans les deux provinces.
Cinq ans après sa mise en œuvre, plusieurs rapports d’organisations humanitaires et de la société civile continuent de faire état de milliers de civils tués, de nombreuses attaques armées et de centaines de milliers de personnes déplacées dans l’Est de la République démocratique du Congo.
La rédaction

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