ADF, M23 et milices : 305 incidents sécuritaires et plus de 190 morts civils tués en mai au Kivu et Ituri (Rapport)

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La recrudescence des violences armées a fait au moins 190 morts civils en mai 2026 dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les ADF, le M23 et plusieurs groupes armés ont multiplié les attaques contre les populations, selon le Baromètre sécuritaire du Kivu.

« Durant le mois de mai 2026, le Baromètre sécuritaire du Kivu a documenté au moins 305 incidents sécuritaires en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, contre 235 en avril, soit une augmentation de 21 % », indique le rapport publié par le Kivu Security Tracker (KST).

Les données recueillies montrent une détérioration marquée de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Les Forces démocratiques alliées (ADF) demeurent le groupe armé le plus meurtrier avec au moins 190 civils tués lors de 36 attaques documentées au cours du mois de mai.

Le KST souligne que le nombre de victimes civiles attribuées aux ADF a plus que triplé par rapport au mois précédent. Les attaques enregistrées dans les territoires de Beni, Mambasa, Irumu et Lubero ont particulièrement touché les populations locales.

Parmi les incidents les plus meurtriers figure la triple incursion menée dans la nuit du 30 au 31 mai dans la ville de Beni et ses environs. Au moins 26 civils ont été tués lors de ces attaques, marquant le retour des incursions des ADF dans cette agglomération pour la première fois depuis 2023.

Dans le territoire de Mambasa, plusieurs localités ont également été frappées. Les villages de Lalia, Camp Rwenzori, Alima, Makumo et Ntombilo ont enregistré des dizaines de victimes civiles au cours d’attaques successives attribuées aux combattants ADF.

En Ituri, malgré le cessez-le-feu unilatéral décrété le 14 mai par la Convention pour la révolution populaire (CRP), l’insécurité demeure préoccupante.

La Codeco et l’URDPC poursuivent des opérations d’extorsion, de pillage, d’enlèvements et d’exécutions sommaires dans plusieurs territoires, notamment Djugu et Mahagi.

Le rapport relève également l’apparition d’une nouvelle menace dans le territoire d’Aru, où les affrontements impliquant les Forces de défense du peuple sud-soudanais (SSPDF) et les combattants du National Salvation Front (NSF) ont provoqué des morts, des enlèvements et des déplacements de populations.

Au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, les affrontements entre le M23 et différents groupes armés locaux sont restés fréquents. Le KST a documenté au moins 45 combats dans les territoires de Rutshuru et Masisi sans changement majeur du contrôle territorial.

Dans la plaine de la Ruzizi, le M23 s’est progressivement retiré de plusieurs localités situées entre Sange et Kamanyola. Ce mouvement est attribué à la fois aux pressions diplomatiques internationales et à une réorganisation stratégique de ses positions militaires dans le Sud-Kivu.

Le rapport note également que la militarisation persistante de certaines zones urbaines continue d’exposer les civils à des risques élevés. À Uvira, au moins cinq civils ont perdu la vie durant le mois de mai dans des incidents liés à l’insécurité armée.

En avril 2026, le KST avait documenté 235 incidents sécuritaires et 53 civils tués par les ADF. Les 305 incidents enregistrés en mai ainsi que les 190 victimes civiles attribuées à ce groupe témoignent d’une aggravation significative de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, où les populations restent confrontées à l’activisme persistant des groupes armés malgré l’état de siège et les opérations militaires en cours.

La rédaction

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