Sud-Kivu : les communautés riveraines appelées à protéger le Parc de Kahuzi-Biega face aux menaces croissantes

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 Le renforcement de la protection du Parc National de Kahuzi-Biega a été demandé ce 5 juin aux populations riveraines par les acteurs de conservation à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, afin de préserver cette aire protégée du Sud-Kivu confrontée à plusieurs menaces environnementales croissantes.

« Le Parc National de Kahuzi-Biega constitue une richesse inestimable pour notre région. Sa protection est une responsabilité collective qui engage aussi bien les communautés locales que les autorités et les partenaires de conservation », affirme Borauzima Kalume Samuel, Chargé des Programmes du Comité de Conservation Communautaire de Miti (CCC/MITI).

Dans son message à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, ce responsable a rappelé l’importance écologique du Parc National de Kahuzi-Biega pour la province du Sud-Kivu et l’ensemble de la région.

Selon lui, cette aire protégée contribue à la préservation de nombreuses espèces animales et végétales, protège plusieurs sources d’eau utilisées par les communautés locales et participe à la régulation du climat dans différents territoires du Sud-Kivu.

Au-delà de son rôle écologique, le parc représente également un important facteur de développement économique pour les populations vivant à sa périphérie. Les activités liées à la conservation, à la recherche scientifique et au tourisme constituent des opportunités susceptibles de générer des revenus et d’améliorer les conditions de vie des ménages.

BORAUZIMA KALUME Samuel souligne également que la conservation du Parc National de Kahuzi-Biega constitue un investissement pour les générations futures qui dépendront, elles aussi, des ressources naturelles offertes par cet écosystème.

Cependant, les responsables environnementaux s’inquiètent de la multiplication des menaces qui pèsent sur cette aire protégée. Parmi celles-ci figurent notamment la déforestation, l’exploitation incontrôlée des ressources naturelles, l’occupation de certaines zones forestières ainsi que diverses activités humaines contribuant à la dégradation progressive de l’environnement.

« La déforestation que nous observons aujourd’hui risque d’entraîner demain des conséquences graves sur l’environnement et sur les conditions de vie des populations », prévient-il.

Selon les acteurs de conservation, la destruction progressive du couvert forestier favorise l’érosion des sols, augmente les risques d’inondations et de sécheresses, réduit les capacités de production agricole et menace directement la biodiversité exceptionnelle du parc.

Dans plusieurs localités riveraines, une pression de plus en plus forte est également observée sur les ressources naturelles en raison de la demande croissante en terres cultivables, en bois de chauffe et en matériaux de construction.

Face à cette situation, le Comité de Conservation Communautaire de Miti encourage les autorités locales, les leaders communautaires et les organisations de la société civile à intensifier les campagnes de sensibilisation sur la protection de l’environnement.

Le responsable du CCC/MITI recommande notamment la promotion du reboisement, la plantation d’arbres dans les villages, la lutte contre le déboisement anarchique ainsi que l’assainissement régulier des espaces publics.

Il estime que les communautés locales doivent jouer un rôle central dans la préservation des ressources naturelles, en devenant les premières actrices de la conservation de leur environnement.

À travers la célébration de la Journée mondiale de l’environnement, les acteurs engagés dans la conservation rappellent que la protection du Parc National de Kahuzi-Biega ne concerne pas uniquement la sauvegarde de la faune et de la flore. Elle touche également à la sécurité alimentaire, à l’accès à l’eau, à la résilience climatique et au développement durable des populations du Sud-Kivu.

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1980, le Parc National de Kahuzi-Biega demeure l’un des plus importants sanctuaires de biodiversité de la République démocratique du Congo. Il abrite notamment le gorille de Grauer, une espèce endémique aujourd’hui menacée d’extinction. Ces dernières années, les gestionnaires du parc et leurs partenaires ont régulièrement alerté sur la recrudescence de la déforestation, de l’exploitation illégale des ressources naturelles et des pressions humaines qui continuent de menacer cet écosystème exceptionnel de l’Est de la RDC.

La rédaction

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