Le transport des dépouilles est désormais soumis à une autorisation sanitaire préalable en ville de Beni, au Nord-Kivu. Cette mesure, annoncée par les autorités urbaines, vise à renforcer la riposte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola, limiter les risques de propagation du virus et encadrer strictement l’organisation des obsèques.
« Je rappelle à toute la population de la ville de Beni et de ses environs que, conformément à l’arrêté provincial n°01/ES/047/CAB/GP-NK/2026 du 27 mai 2026, il est strictement interdit de transporter un corps sans vie d’un endroit à un autre sans un document signé par l’autorité sanitaire compétente, en l’occurrence le médecin-chef de la zone de santé », a déclaré le maire de Beni, le commissaire supérieur principal Jacob Nyofondo Te-Kodale.
À travers ce communiqué, l’autorité urbaine rappelle que toute personne décédée devra être conduite à la morgue avant toute autre démarche. Ce passage obligatoire permettra aux services sanitaires de vérifier le respect des procédures prévues dans le cadre de la lutte contre Ebola avant la délivrance de l’autorisation de transport et l’organisation des funérailles.
Les autorités expliquent que cette décision répond à la nécessité de prévenir toute contamination liée à la manipulation des corps, reconnue comme l’une des principales voies de transmission du virus. Les équipes sanitaires entendent ainsi renforcer le contrôle des mouvements des dépouilles afin de protéger les familles, les communautés et le personnel impliqué dans les cérémonies funéraires.
« Les agents affectés aux différents postes de contrôle ainsi que toute autre personne sont tenus de veiller au strict respect de ces dispositions. Les contrevenants s’exposeront aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur », précise encore le communiqué, soulignant que les mesures concernent aussi bien les barrières de contrôle que les différents services intervenant dans la chaîne funéraire.
Les autorités sanitaires invitent par ailleurs la population à collaborer avec les équipes de riposte en signalant rapidement tout décès et en respectant les procédures établies. Elles estiment que l’implication des communautés demeure indispensable pour interrompre la transmission de la maladie et protéger les zones encore exposées.
La province du Nord-Kivu reste confrontée à une circulation active du virus Ebola, souche Bundibugyo.
Selon le bulletin épidémiologique publié le 23 juillet 2026 par la coordination provinciale de la riposte, 275 cas confirmés ont été enregistrés, dont 172 décès, soit un taux de létalité de 62,5 %. Les autorités recensent également 41 personnes guéries, 55 cas actifs et 11 zones de santé touchées sur 34, tandis que 18 nouveaux cas ont été confirmés le 22 juillet, principalement dans les zones de santé de Katwa, Butembo, Musienene et Beni, illustrant la persistance de la pression sanitaire dans la province.
Elisé Kant

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