La suspension temporaire des rassemblements publics a été décidée ce vendredi 5 juin au Sud-Kivu par les autorités sanitaires afin de limiter la propagation de la maladie à virus Ebola, alors que la province compte déjà trois cas confirmés, dont un décès, ainsi que plusieurs dizaines de cas suspects à haut risque.
Cette décision a été annoncée par Freddy Kaniki, coordonnateur de la Cellule provinciale de riposte contre Ebola, lors d’une communication consacrée à l’évolution de la situation épidémiologique dans la province.
Selon les autorités sanitaires, l’épidémie a déjà causé un décès tandis que deux autres patients confirmés poursuivent actuellement leur prise en charge médicale dans des structures spécialisées.
« Nous avons également renforcé la surveillance de la mortalité. Chaque décès enregistré dans la communauté doit être investigué afin de déterminer s’il existe un lien avec Ebola. Si nécessaire, un prélèvement doit être effectué dans les meilleurs délais pour permettre les analyses de laboratoire et garantir une inhumation digne et sécurisée », a expliqué Freddy Kaniki.
Les données présentées font également état de 46 cas suspects considérés comme à haut risque. Parmi eux, 14 personnes sont suivies à Nyakadaka tandis que 32 autres bénéficient d’une surveillance sanitaire à l’Hôpital Général de Référence de la FOMULAC Katana, dans le territoire de Kabare.
Pour les responsables de la riposte, la situation exige une vigilance accrue malgré le nombre encore limité de cas confirmés. Ils craignent notamment que les déplacements de populations et les interactions sociales favorisent une transmission plus rapide du virus dans les communautés.
Face à cette menace, plusieurs mesures restrictives ont été arrêtées.
Les autorités ont notamment décidé de limiter temporairement les mouvements en provenance du village de Kahungu, identifié comme l’épicentre actuel de l’épidémie dans la province.
Les rassemblements populaires, les meetings, les cérémonies sociales, les lieux de prière ainsi que d’autres activités impliquant des contacts rapprochés entre les personnes sont désormais suspendus jusqu’à nouvel ordre.
« Il y a interdiction de tout rassemblement, meeting populaire, événements sociaux et lieux de prière afin de réduire la transmission de la maladie dans la communauté », a insisté le coordonnateur de la riposte.
Parallèlement aux mesures de prévention, plusieurs dispositifs ont été mis en place pour renforcer la réponse sanitaire. Un centre d’isolement capable d’accueillir jusqu’à 70 personnes a été installé, de même qu’un centre de traitement doté d’une capacité de 30 lits.
Les autorités sanitaires indiquent également qu’un laboratoire moderne de biologie moléculaire est désormais opérationnel afin d’accélérer les analyses et d’améliorer la rapidité des interventions sur le terrain.
Malgré ces avancées, les équipes de riposte restent confrontées à plusieurs défis. Elles évoquent notamment la mobilité permanente des populations entre les zones affectées et celles encore épargnées, la forte densité démographique observée dans certaines localités ainsi que la circulation persistante de rumeurs et de fausses informations autour de la maladie.
Les responsables sanitaires estiment que ces facteurs peuvent compromettre l’adhésion communautaire aux mesures de prévention et compliquer davantage les efforts engagés pour interrompre les chaînes de transmission.
Ils appellent ainsi la population à respecter strictement les mesures barrières, à signaler rapidement tout cas suspect et à collaborer avec les équipes de santé déployées dans les différentes zones concernées.
La province du Sud-Kivu a déjà été confrontée par le passé à plusieurs alertes et épisodes liés à la maladie à virus Ebola. Lors des précédentes flambées enregistrées en République démocratique du Congo, les autorités sanitaires avaient également recouru à des restrictions de mouvements, au renforcement de la surveillance communautaire et à la sensibilisation de masse afin de contenir la propagation du virus et réduire le nombre de contaminations.
La rédaction

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