L’ancien président congolais Joseph Kabila, au pouvoir de 2001 à 2019, figure désormais sur la liste noire des États-Unis. L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) a annoncé des sanctions économiques contre lui, l’accusant de jouer un rôle dans l’instabilité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon Washington, l’ex-chef de l’État chercherait à « déstabiliser le gouvernement de la RDC » en soutenant le Mouvement du 23-Mars (M23) ainsi que l’Alliance Fleuve Congo (AFC), présentée comme son bras politique. L’OFAC affirme également qu’il aurait « vécu sous la protection du M23 » à Goma, dans l’est du pays, considéré comme un bastion de ce groupe armé.
« Aujourd’hui, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor des États-Unis a imposé des sanctions à l’encontre de l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabange Kabila, pour son rôle dans le soutien au M23 et à l’AFC », indique le communiqué officiel.
Le document précise que le M23, « groupe armé soutenu par le Rwanda », et l’AFC « ont alimenté l’instabilité politique et les conflits violents dans l’est de la RDC, entraînant la mort de milliers de civils et une crise de déplacement massif de populations ».
« Ceux qui sèment l’instabilité devront rendre des comptes »
Le 30 septembre 2025, la justice congolaise avait condamné Joseph Kabila à mort par contumace pour « complicité » avec le M23.
Quelques semaines plus tard, un accord de paix fragile avait été signé à Washington entre Kinshasa et Kigali, sous l’égide de l’ancien président américain Donald Trump.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a été clair sur la position de Washington : « Le président Trump œuvre en faveur de la paix en République démocratique du Congo et a clairement indiqué que ceux qui continuent de semer l’instabilité devront rendre des comptes. »
Le communiqué souligne que ces mesures s’inscrivent dans le cadre des accords de Washington signés le 4 décembre 2025, visant notamment à renforcer l’intégration économique régionale, la transparence dans les chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques et les investissements dans la région.
Gel des avoirs et isolement financier
Concrètement, les sanctions imposées par les États-Unis entraînent le gel de tous les avoirs éventuels de Joseph Kabila sur le territoire américain.
Elles interdisent également à toute entreprise ou citoyen américain d’effectuer des transactions avec lui.
« Tous les biens et intérêts patrimoniaux […] situés aux États-Unis ou sous le contrôle de personnes américaines sont bloqués et doivent être signalés à l’OFAC », précise le communiqué.
Le texte ajoute que toute entité détenue à 50 % ou plus par une personne sanctionnée est également concernée, renforçant ainsi l’isolement financier de l’ancien président.
Avec cette décision, les États-Unis affichent leur volonté d’accentuer la pression sur les acteurs accusés d’alimenter l’insécurité dans l’est de la RDC, une région en proie à des conflits armés persistants et à une grave crise humanitaire.
la rédaction

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