Des coups de feu ont retenti jeudi soir 18 juin 2026 au quartier Kikemba, dans la commune rurale de Kasindi,Beni (Nord-Kivu) lorsque la Police nationale congolaise est intervenue pour soustraire 17 personnes à une tentative de justice populaire menée par des habitants les prenant pour des individus suspects.
« Il s’agissait de citoyens congolais en provenance du district de Masaka en Ouganda, arrivés à Kasindi le 17 juin 2026 et pris en charge conformément aux procédures établies », a expliqué le Commissaire principal Kasereka Kambere Claude,.
Selon les services de sécurité, ces compatriotes avaient été accueillis par la Direction générale de migration avant d’être remis au Comité local de sécurité. Ils avaient ensuite été hébergés temporairement à l’église 8e CEPAC située au quartier Congo Ya Sika.
Après l’autorisation du Comité local de sécurité, les concernés ont été autorisés à rejoindre leurs familles d’accueil, leurs connaissances ou d’autres personnes disposées à les recevoir. C’est au cours de ce déplacement qu’un triporteur transportant une partie du groupe a été intercepté par certains habitants qui n’avaient pas été suffisamment informés de leur identité.
La méfiance a rapidement gagné plusieurs riverains qui ont assimilé ces personnes à des individus suspects. La tension est alors montée, poussant certains habitants à vouloir se faire justice eux-mêmes.
Face à cette situation, les éléments de la Police nationale congolaise du commissariat de Kasindi sont intervenus avec célérité. Pour disperser la foule et récupérer les personnes menacées, les policiers ont procédé à des tirs de sommation en l’air avant de sécuriser les victimes.
Grâce à cette intervention, 17 personnes ont été extraites de la foule sans enregistrer de blessés ni d’autres incidents majeurs. Les autorités saluent le professionnalisme des forces de l’ordre qui ont permis d’éviter un drame.
Réagissant à cet événement, la commissaire adjointe Vette Kaseso, porte-parole de la Police nationale congolaise au Nord-Kivu, a condamné avec fermeté le recours à la justice populaire.
« La Police nationale congolaise condamne la justice populaire. La population doit savoir que la justice populaire est un crime puni par la loi ; nul ne peut se rendre justice, seuls les tribunaux et les cours sont habilités à juger et à punir. Retenez que la meilleure réponse reste la dénonciation des cas suspects », a-t-elle déclaré,.
Elle a en outre invité les habitants à signaler toute personne suspecte aux services compétents afin de permettre aux autorités de procéder aux vérifications nécessaires dans le respect de la loi.
La question de la justice populaire demeure préoccupante dans plusieurs agglomérations du Nord-Kivu.
Au cours des dernières années, plusieurs cas de présumés voleurs ou individus suspectés d’actes criminels ont été victimes de lynchages ou de tentatives de lynchage, malgré les multiples campagnes de sensibilisation menées par les autorités sécuritaires et judiciaires pour promouvoir le respect des procédures légales.
Rédaction

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