Une organisation citoyenne a dénoncé, lundi 25 mai, la suspension d’un marché utilisé par des réfugiés congolais au camp de Ruhigi, une décision qui priverait plusieurs familles de leurs activités génératrices de revenus et accentuerait leur vulnérabilité économique et sociale.
Dans une déclaration rendue publique à Uvira, le Mouvement Citoyen de Lutte contre les Antivaleurs affirme que des réfugiés congolais vivant dans ce camp au Burundi ne peuvent plus accéder à un marché où ils exerçaient différentes activités commerciales afin d’assurer la survie de leurs ménages.
Selon cette structure citoyenne, cet espace économique représentait, pour plusieurs familles réfugiées, l’unique moyen de subvenir à leurs besoins quotidiens, dans un contexte déjà marqué par les difficultés humanitaires et la précarité des conditions de vie dans les camps.
« La survie de milliers de familles congolaises dépend de ces petites activités génératrices de revenus », souligne le communiqué publié par le mouvement.
L’organisation estime que cette suspension du marché affecte directement les petits commerçants réfugiés, notamment des femmes vivant du commerce de produits alimentaires, d’articles de première nécessité ou de petites activités informelles développées à l’intérieur du camp.
Le mouvement évoque également des inquiétudes liées à la réduction des allocations humanitaires accordées aux réfugiés, estimant que plusieurs familles se retrouvent aujourd’hui sans ressources suffisantes pour couvrir leurs besoins essentiels.
Pour cette structure citoyenne, la combinaison de la baisse des aides et de la fermeture de cet espace commercial risque d’aggraver davantage la vulnérabilité sociale des réfugiés congolais vivant dans ce camp burundais.
« Il est inacceptable de supprimer les moyens de subsistance des réfugiés alors que leur situation humanitaire reste déjà préoccupante », estime l’organisation dans son communiqué.
Face à cette situation, le mouvement appelle les partenaires humanitaires ainsi que les autorités concernées à intervenir afin de rétablir les réfugiés dans leurs droits économiques et de garantir une gestion équitable des activités commerciales au sein du camp.
L’organisation plaide notamment pour la restitution du marché aux réfugiés congolais concernés, ainsi que pour des mesures visant à renforcer leur protection sociale et économique.
Dans plusieurs camps de réfugiés de la sous-région des Grands Lacs, les activités commerciales informelles constituent souvent une source essentielle de survie pour des milliers de familles déplacées confrontées à l’insuffisance de l’aide humanitaire.
Des organisations de défense des droits humains alertent régulièrement sur les difficultés économiques auxquelles font face les réfugiés congolais installés dans différents pays voisins de la République démocratique du Congo, particulièrement les femmes et les enfants vivant dans des contextes prolongés d’exil et de dépendance humanitaire.
Yseult LWANGO

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