À Beni, dans la province du Nord-Kivu, les autorités aéroportuaires ont décidé de suspendre le transport collectif des passagers par bus entre la salle d’attente et les avions. Cette mesure intervient dans le cadre du renforcement des dispositifs de prévention contre la résurgence de la maladie à virus Ebola dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Le commandant de la Régie des voies aériennes (RVA) à l’aéroport national de Beni-Mavivi, Sébastien Kandjale, a expliqué que cette décision vise à réduire les risques de contamination parmi les voyageurs ainsi que le personnel aéroportuaire.
« Depuis la réapparition de la maladie à virus Ebola, nous avons suspendu le transport collectif des passagers par bus afin de limiter tout risque de propagation », a déclaré Sébastien Kandjale.
Selon lui, les passagers sont désormais conduits à pied, en file ordonnée, de la salle d’attente jusqu’au pied de l’avion, avec une distance d’au moins un mètre entre chaque personne conformément aux mesures barrières sanitaires.
Les responsables de l’aéroport soulignent que cette disposition a pour objectif de garantir la sécurité sanitaire dans cette infrastructure fréquentée quotidiennement par de nombreux voyageurs.
Le commandant de la RVA a également lancé un appel aux organisations engagées dans la lutte contre Ebola afin qu’elles apportent un appui aux services déployés à l’aéroport de Beni-Mavivi Étienne Tshisekedi wa Mulumba. Cette mobilisation intervient alors que deux cas positifs d’Ebola ont récemment été confirmés dans la province du Nord-Kivu.
Pour rappel, l’épidémie d’Ebola survenue entre 2018 et 2020 dans les zones de Mangina, Beni et Butembo avait causé plus de 2 200 décès dans la région.
De son côté, le directeur de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), Jean-Jacques Muyembe, a indiqué que la souche actuellement identifiée est génétiquement distincte des précédentes variantes de Bundibugyo enregistrées en 2007 et 2012. Selon l’épidémiologiste, cette nouvelle flambée proviendrait directement d’un réservoir animal.
« L’engagement communautaire reste un élément central dans la lutte contre Ebola », a insisté Jean-Jacques Muyembe, rappelant les leçons tirées des précédentes ripostes sanitaires.
La rédaction

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