Alors que certains estiment que Félix Tshisekedi a ouvert le débat sur un possible troisième mandat lors de sa conférence de presse, mercredi soir à Kinshasa, certains opposants congolais et mouvements citoyens lui présentent d’ores et déjà ses « limites ».
En effet, depuis cette sortie médiatique, le débat va bon train, notamment sur les réseaux sociaux dans le pays.
D’abord, en réponse à l’affirmation du président selon laquelle, si le peuple lui accorde un troisième mandat, il acceptera l’offre, l’opposant Claudel Lubaya estime que : « Aucune disposition de la Constitution ne prévoit qu’une prétendue volonté populaire puisse justifier une violation de sa lettre et de son esprit. »
Cet opposant insiste sur le fait que la Constitution prévoit déjà des mécanismes précis de révision, encadrés par l’article 218, mais qu’elle ne permet en aucun cas de contourner ses limites fondamentales.
À son niveau, Delly Sessanga appelle les démocrates à faire obstacle au projet de troisième mandat de Félix Tshisekedi. Selon l’opposant, Félix Tshisekedi « manœuvre désormais à découvert pour un troisième mandat par plébiscite », une orientation qu’il juge dangereuse pour la stabilité institutionnelle de la RDC.
La réaction ne vient pas seulement des opposants
Dans une déclaration publiée ce vendredi 8 mai 2026, dénommée « Non à un troisième mandat, oui à la fin de l’agression rwandaise et à la paix durable », le mouvement citoyen Lutte pour le changement exprime sa profonde indignation face à un éventuel référendum constitutionnel et à la difficulté d’organiser les élections de 2028 tant que l’insécurité persiste dans l’Est du pays.
La LUCHA estime qu’il serait inacceptable de tirer profit du contexte sécuritaire actuel pour engager des réformes constitutionnelles ou politiques majeures.
Au passage, la LUCHA dénonce fermement l’incohérence du discours du président qui, selon elle, affirme d’une part qu’il sera impossible d’organiser les élections sans les territoires des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu occupés, alors que, d’autre part, il pousse pour l’organisation d’un référendum constitutionnel sans ces mêmes territoires.
« Il est hors de question de laisser le président tirer profit de l’agression rwandaise au lieu d’y mettre fin », écrit-elle.
L’autre réaction est celle du mouvement citoyen Filimbi qui, dans une déclaration publiée ce même vendredi 8 mai 2026, estime que le président a plutôt laissé apparaître, « sans ambiguïté », une volonté de préparer l’opinion nationale à un possible glissement électoral et à une remise en cause des principes fondamentaux de la Constitution.
Selon ce mouvement citoyen, Félix Tshisekedi n’aura pas de « troisième mandat ».
« La Constitution de la RDC est claire. Le mandat présidentiel est limité à deux. Cette disposition n’est ni négociable, ni interprétable selon les intérêts du moment. Elle constitue un verrou démocratique essentiel, fruit des combats du peuple congolais contre la présidence à vie et la confiscation du pouvoir », conclut Filimbi.
Victoire Muliwavyo

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