De nouveaux mouvements militaires observés dans les territoires de Walikale et de Masisi alimentent les inquiétudes d’une possible intensification des combats dans le centre du Nord-Kivu. Depuis dimanche 3 mai, des renforts des rebelles de l’AFC/M23 sont signalés dans les agglomérations d’Ihula, en groupement Kisimba dans le territoire de Walikale, et de Malemo, dans le groupement Bashali Mokoto en territoire de Masisi.
D’après plusieurs sources concordantes dans la région, des camions chargés de combattants ainsi que de munitions de guerre continuent d’arriver dans ces deux entités en provenance de l’axe Mwesso–Kitshanga, un corridor stratégique régulièrement utilisé pour les mouvements logistiques dans cette partie de la province.
Même si l’objectif réel de ce déploiement n’a pas encore été officiellement établi, plusieurs analystes sécuritaires locaux estiment que ces renforts pourraient annoncer une nouvelle tentative d’offensive vers les positions contrôlées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les combattants Wazalendo dans les villages de Mindjendje et Mpety, situés dans la localité de Banakindi.
Ces soupçons s’appuient notamment sur les récents affrontements enregistrés dans la zone. Au cours des deux dernières semaines, les rebelles de l’AFC/M23 auraient tenté à deux reprises de progresser vers ces positions stratégiques, sans succès, après avoir été contenus par les forces loyalistes appuyées par les groupes d’autodéfense locaux.
Sur le plan humanitaire, la situation suscite une vive préoccupation parmi les communautés locales. Les habitants de Mpety et Mindjendje avaient regagné leurs villages il y a seulement quelques semaines, après plus de deux années passées dans des sites de déplacement en raison des violences armées.
Depuis leur retour, plusieurs activités agricoles, commerciales et scolaires avaient progressivement repris dans différents villages de la localité Banakindi, redonnant espoir aux populations. Mais la perspective d’une reprise des combats pourrait remettre en cause cette fragile accalmie et provoquer une nouvelle vague de déplacements.
Face à cette menace, des acteurs communautaires et leaders locaux appellent les autorités militaires à renforcer sans délai les dispositifs sécuritaires dans cette zone sensible afin de protéger les civils et préserver les acquis enregistrés depuis le retour des populations.
La rédaction

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