Trois ans après les pluies diluviennes meurtrières qui avaient endeuillé le territoire de Kalehe, dans l’est de la République démocratique du Congo, une messe d’action de grâce a été célébrée à Kinshasa en mémoire de plus de 5 000 victimes des catastrophes de Bushushu et Nyamukubi.
La cérémonie religieuse, organisée à l’occasion de ce troisième anniversaire tragique, a rassemblé autorités, fidèles et membres de la communauté Havu, venus se recueillir pour honorer les disparus et exprimer leur solidarité envers les familles endeuillées.
Dans son homélie , l’abbé Paul Babikira, concélébrant du jour, a rappelé la douleur toujours vive :« Nous nous sommes retrouvés pour compatir et prier pour les âmes de nos frères et sœurs disparus dans les catastrophes naturelles de Kalehe. Trois ans après, les larmes demeurent dans les cœurs des Bahavu. »
Le concélébrant a insisté sur la nécessité de transformer ce deuil collectif en prise de conscience, appelant à rompre avec les pratiques qui aggravent les catastrophes naturelles dans le territoire de Kalehe.
Au-delà du recueillement, les intervenants ont interpellé tant les autorités que les populations locales. L’abbé Babikira a exhorté à un engagement concret pour « casser la chaîne du mal » qui freine le développement de cette région du Sud-Kivu.
Dans le même esprit, le député vital Muhini mukuza élu de Kalehe a souligné la responsabilité humaine dans la récurrence des catastrophes :« Nous avons provoqué la nature et celle-ci a réagi. Tant que les hauts et moyens plateaux de Kalehe seront déboisés, les populations continueront à souffrir ».
Les participants ont également plaidé pour une implication accrue des autorités nationales.
Un appel direct a été lancé au président de la République pour une intervention renforcée face aux catastrophes et aux accidents lacustres récurrents dans la région.
« Monsieur le Président, nous demandons la protection de ces innocents. Il n’est pas acceptable que des vies soient perdues sous le regard de ceux qui ont le pouvoir d’agir », a insisté l’abbé Babikira.
Les initiatives locales ont été mises en avant, notamment par Chantal Faida Mulengabyuma, engagée dans la reconstruction de Kalehe. Elle a plaidé pour des actions urgentes :
- Reboisement massif des collines
- Protection des écosystèmes
- Promotion d’alternatives au charbon de bois. « Nos collines sont nues et deviennent une menace. Chaque colline doit retrouver ses arbres pour stabiliser le sol et préserver les vies », a-t-elle déclaré.
Une campagne de plantation de bambous a été envisagée pour lutter contre l’érosion et limiter les risques futurs.
La messe, célébrée notamment par le père Jean-Pierre de la paroisse Saint Luc de Ngaliema, s’est déroulée sous l’égide de Norbert Muchiga, avec la participation de la mutualité Havu, de députés, de représentants ministériels et de nombreuses personnalités.
Trois ans après le drame de Bushushu, le constat reste alarmant : de nombreux survivants vivent encore sans assistance humanitaire adéquate.
Au-delà de la commémoration, un message a été lancé :« La dignité humaine n’a pas de frontières. L’aide doit parvenir à ceux qui ont tout perdu. »
La rédaction

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