RDC : avancées diplomatiques fragiles entre Kinshasa et l’AFC/M23, pendant que l’insécurité persiste sur le terrain

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Sur le front diplomatique, les discussions entre Kinshasa et l’AFC/M23 se poursuivent, bien que les résultats restent mitigés.

Le neuvième round de négociations entre les deux parties s’est achevé après près d’une semaine d’échanges à Montreux, en Suisse. Ces discussions s’inscrivent dans le cadre de l’accord-cadre conclu l’an dernier à Doha, qui vise à instaurer un processus de paix durable.

des avancées ont été annoncées, mais aucun accord n’a été signé concernant le troisième protocole, un point pourtant crucial du processus.

Ce protocole porte notamment sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire, deux volets essentiels pour améliorer les conditions de vie des populations affectées par le conflit.

Les deux parties ont néanmoins fait état de progrès concrets sur certains aspects. Parmi ceux-ci figurent la libération de détenus et la mise en place de mécanismes de vérification du cessez-le-feu.

Selon les engagements pris, chaque camp devra relâcher des détenus dans un délai de dix jours.

Au total, 311 détenus du côté de l’AFC/M23 et 166 du côté gouvernemental sont concernés par cette mesure.

Par ailleurs, les premières missions du mécanisme conjoint de vérification élargi, connu sous l’acronyme MCVE+, sont attendues sur le terrain d’ici une semaine. Ce mécanisme est censé jouer un rôle clé dans le suivi du respect des engagements pris par les deux parties, notamment en ce qui concerne le cessez-le-feu.

Cependant, malgré ces avancées, les discussions ont été marquées par des difficultés importantes. Une grande partie des échanges a été consacrée au traitement d’arriérés, c’est-à-dire à des mesures prévues depuis plusieurs mois mais qui n’ont pas encore été mises en œuvre. Cette situation a ralenti les progrès et mis en évidence les défis persistants dans l’application des accords.

L’absence de signature du troisième protocole souligne également les divergences qui subsistent entre les deux parties. Bien que des progrès aient été évoqués sur ce volet, aucun texte n’a été formellement adopté à ce stade. Il convient de rappeler que l’accord-cadre signé à Doha prévoit un total de huit protocoles, dont seulement deux ont été conclus jusqu’à présent.

Pendant ce temps, sur le terrain, la situation sécuritaire demeure particulièrement tendue dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Les regards restent tournés vers l’axe stratégique reliant Pinga à Lukweti en direction de Nyabiondo. Cette route, essentielle pour la circulation des personnes, des biens et pour les opérations militaires, suscite depuis plusieurs jours de vives inquiétudes au sein des populations locales et des observateurs.

Selon plusieurs sources locales concordantes, les combattants de l’AFC/M23 auraient envisagé de couper cet axe en installant une position au niveau de Ndurumo, une localité située à proximité de Lukweti, dans la chefferie de Bashali. Une telle manœuvre viserait à isoler certaines agglomérations et à perturber à la fois les déplacements des civils et les opérations des forces régulières.

Face à cette menace, les Forces armées de la République démocratique du Congo, appuyées par des wazalendo, ont engagé une riposte coordonnée. Depuis le 15 avril 2026, des affrontements intenses ont été signalés dans la zone de Ndurumo, devenue un point de confrontation majeur.

D’après des sources locales, les combats, décrits comme violents, auraient finalement tourné à l’avantage des forces loyalistes. Celles-ci seraient parvenues à contenir puis à repousser l’offensive des combattants de l’AFC/M23, empêchant ainsi la mise en place d’un dispositif de blocage sur cet axe stratégique.

Malgré ce revers, les craintes persistent quant à une possible réorganisation des combattants dans les zones forestières environnantes, difficiles d’accès. Ce climat d’incertitude continue d’alimenter la peur au sein des populations civiles, déjà éprouvées par des mois d’insécurité.

Dans le territoire voisin de Walikale, les conséquences de cette instabilité restent visibles. À Ihula, dans la localité de Balindu, groupement Kisimba, un calme précaire s’est installé ce vendredi 17 avril 2026, au lendemain de violents affrontements.

Jeudi 16 avril, des combats ont opposé les combattants de l’AFC/M23 aux groupes wazalendo, provoquant la panique parmi les habitants. Plusieurs civils ont fui leurs habitations, certains vers Kalembe, d’autres trouvant refuge dans la brousse environnante.

Si le bilan humain n’est pas encore connu, des sources concordantes indiquent que le camp des combattants de l’AFC/M23 aurait été incendié lors de ces affrontements. Après leur offensive, les wazalendo se sont retirés, permettant aux combattants de reprendre le contrôle de l’agglomération.

Toutefois, la situation reste incertaine. La majorité des habitants n’a pas encore regagné Ihula, craignant une reprise des hostilités. Beaucoup continuent de vivre dans des conditions précaires, dans des zones de refuge.

Dans l’ensemble, la situation dans le Nord-Kivu met en évidence la complexité du contexte sécuritaire et politique. Entre avancées diplomatiques limitées et tensions persistantes sur le terrain, les défis restent nombreux pour parvenir à une stabilisation durable.

La mise en œuvre effective des engagements pris à Montreux, notamment en matière de libération de détenus et de vérification du cessez-le-feu, sera déterminante dans les prochains jours. Parallèlement, le renforcement du dispositif sécuritaire sur les axes stratégiques demeure une priorité pour prévenir toute nouvelle dégradation.

En attendant, les populations civiles continuent de payer le prix de cette instabilité persistante, dans l’espoir d’une amélioration tangible de leur sécurité et de leurs conditions de vie.

La rédaction

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