RDC : l’ACEDH exige une enquête après l’attaque meurtrière contre le quartier général du parc de l’Upemba

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 L’ONG Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) a condamné jeudi 12 mars l’attaque armée qui a visé le quartier général du Parc national de l’Upemba, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, et appelé les autorités à ouvrir une enquête judiciaire afin d’identifier et poursuivre les responsables.

Selon l’organisation, l’attaque s’est produite dans la nuit du 3 mars contre le site de Lusinga, où se trouve la direction du parc, causant la mort de plusieurs membres du personnel et la disparition d’autres agents, ainsi que le pillage d’équipements. Les assaillants étaient des hommes armés dont l’identité n’est pas encore connue.

« Nous exprimons notre profonde indignation et notre solidarité envers les victimes et leurs familles », a déclaré l’ACEDH dans un communiqué, estimant que cette attaque illustre les risques élevés auxquels sont exposés les défenseurs de l’environnement en RDC.

Un bilan encore provisoire fait état d’au moins sept agents du parc tués, selon l’ONG. Parmi les victimes figurent notamment Subira Bonhomme, chargé de programme, Blaise Kambale Bwachanakazi, agent financier, Ngoy Mateta Jean Paul, responsable administratif et officier de police judiciaire au secteur nord, ainsi que la vétérinaire Ruth Osodu.

Trois autres membres du personnel  : Samuel, motard du parc, Tchimanga Shambuyi Jean Claude et Kilolo Beya Benjamin, écogardes  figurent également parmi les personnes tuées.

Ces agents étaient engagés dans la protection de la biodiversité et l’application des lois de conservation dans les aires protégées du pays.

« Ces défenseurs de la nature ont été tués dans l’exercice de leur mission, alors que l’humanité entière dépend de la protection de la biodiversité et du climat », souligne l’ACEDH.

L’organisation rappelle que plus de 200 agents de conservation ont été tués au cours des deux dernières décennies dans différentes aires protégées de la RDC, notamment dans les parcs nationaux des Virunga et de Kahuzi-Biega, dénonçant l’absence d’enquêtes et de poursuites judiciaires dans de nombreux cas.

Pour l’ONG, cette attaque constitue « une atteinte flagrante au droit à la vie et à la sécurité des personnes », mais également une menace pour les efforts de conservation et pour la stratégie climatique du pays visant à faire de la RDC un « pays solution » face au changement climatique.

Face à la gravité des faits, l’ACEDH appelle les autorités judiciaires et sécuritaires congolaises à prendre des mesures urgentes pour lutter contre l’impunité.

« Le sacrifice de ces agents appelle une réponse politique et judiciaire ferme et exemplaire », affirme l’organisation.

L’ONG demande notamment l’ouverture d’enquêtes indépendantes et transparentes afin d’identifier les auteurs, coauteurs et complices de l’attaque, leur arrestation et leur jugement devant les juridictions compétentes.

Elle réclame également l’organisation d’un procès public et équitable, ainsi que des mesures concrètes pour renforcer la sécurité des écogardes et des défenseurs de l’environnement travaillant dans les aires protégées.

L’ACEDH exhorte en outre le gouvernement à déployer les brigades du Corps de protection des parcs nationaux et à intégrer de nouveaux outils technologiques dans les dispositifs de sécurité des parcs.

« L’absence d’enquêtes diligentes et de poursuites judiciaires risque de renforcer le sentiment d’impunité et d’encourager la répétition de tels actes », avertit l’organisation.

À l’inverse, ajoute-t-elle, « l’ouverture rapide d’une procédure judiciaire crédible constituerait un signal fort de l’engagement des autorités à protéger les défenseurs de l’environnement et à préserver les aires protégées de la RDC ».

La rédaction

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