Kasaï Oriental : un abbé de la société civile décrypte la position de la CENCO sur la Constitution

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Le débat sur la révision de la Constitution est relancé au Kasaï Oriental où le cadre de concertation de la société civile a réagi, mercredi, à la récente correspondance de la CENCO, estimant que les opinions divergentes doivent être respectées malgré les préoccupations liées à la sécurité.

S’exprimant sur la position des évêques catholiques, le président du cadre de concertation de la société civile du Kasaï Oriental, l’abbé Pierre Kabamba, a indiqué que la correspondance de la Conférence épiscopale nationale du Congo repose principalement sur deux arguments : la situation sécuritaire et l’alternance politique.

« J’ai compris que la dernière lettre ici, la position des évêques est axée sur deux points qui sont en rapport avec la modification de la Constitution. Pour eux, ils disent que nous sommes pendant les temps de la guerre. Et parce que nous sommes pendant la guerre, vraiment même notre Constitution ne permet pas qu’on puisse la toucher, ce qui est vrai », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette prise de position relève d’une appréciation institutionnelle qui n’empêche pas les membres de l’Église d’avoir des convictions personnelles différentes.

« Toutes les façons, ça c’est une position qu’ils prennent, et cette position c’est dans une matière politique. Je crois que les évêques ont essayé de donner la position globale. Malgré cela, chacun a son appréhension politique parce que les droits politiques ne sont pas liés à une corporation, mais à des individus », a-t-il affirmé.

L’abbé Pierre Kabamba estime ainsi qu’un évêque peut signer une déclaration officielle tout en conservant une opinion personnelle favorable à une réforme de la Constitution.

« Un évêque peut avoir signé, mais il sait personnellement qu’il n’est pas d’accord avec cette position. Cela veut dire qu’il peut être pour le changement de la Constitution. L’avoir signée n’est donc pas une contradiction », a-t-il expliqué.

Il a également rappelé que l’Église catholique n’est pas une organisation politique et qu’elle rassemble des fidèles aux sensibilités diverses.

« L’Église n’est pas une institution politique, n’est pas un parti politique pour avoir une idéologie qui enrôle tout le monde. L’Église est par nature apolitique, mais en son sein, elle compte des acteurs politiques de tous bords qui expriment des opinions différentes », a-t-il ajouté.

En conclusion, le président du cadre de concertation de la société civile du Kasaï Oriental a plaidé pour la tolérance et le respect de la diversité des opinions.

« Même si on a de bonnes raisons pour dire qu’on ne change pas, on ne peut pas non plus condamner ceux qui disent qu’il faut changer parce que c’est ça la démocratie. Nous devons prôner la pluralité de pensées et la pluralité d’opinions », a-t-il conclu.

Ces dernières semaines, le débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution a suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique, des organisations citoyennes et des confessions religieuses.

La récente correspondance de la CENCO a notamment ravivé les discussions sur l’opportunité d’engager ou non une réforme constitutionnelle dans le climat actuel du pays.

ELISE KANT

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