RDC : deux nouveaux mouvements armés signalés au Katanga et en Ituri, les autorités surveillent la situation

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 Un groupe armé se présentant sous le nom de Mouvement Debout Katanga pour la Libération du Congo (MDKC) affirme avoir pris le contrôle de la localité de Lusinga, dans le territoire de Mitwaba, province du Haut-Katanga, tandis que des activistes des droits humains alertent sur l’émergence d’un autre mouvement armé en Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Dans un communiqué diffusé le 6 mars, le MDKC affirme que ses combattants ont « pris le contrôle de la localité de Lusinga le mardi 3 mars », qu’il présente comme le point de départ d’une lutte armée visant à « libérer le Katanga et le Congo ».

Le mouvement accuse le président Félix Tshisekedi d’avoir fermé la porte à un dialogue politique inclusif et de préparer une révision de la Constitution afin de se maintenir au pouvoir.

Il appelle également les militaires des Forces armées de la RDC (FARDC) et la population, en particulier les Swahiliphones et les Katangais, à se joindre à son combat.

Le communiqué est signé par un porte-parole présenté comme le colonel Ngoy Kumwimba Tigre.

Le groupe affirme également avoir pris le contrôle de la localité de Nkonga dans le territoire de Mitwaba.

Selon des informations rapportées par Radio Okapi, un calme précaire serait revenu dans la zone après les tensions signalées ces derniers jours.

L’armée congolaise y mène actuellement des opérations de ratissage afin de sécuriser la région, selon la même source.

Parallèlement, dans la province de l’Ituri, des acteurs de la société civile alertent sur la création d’un autre mouvement armé dénommé Mouvement populaire du Congo (MPC), qui recruterait des jeunes dans la périphérie de Biakato, dans le territoire de Mambasa.

Selon Rams Malikidogo, défenseur des droits humains récemment revenu d’une mission dans la zone, ce groupe aurait établi son état-major au lieu-dit « Camp Tomate », à environ dix kilomètres du centre de négoce de Biakato.

« Cette situation est une très mauvaise nouvelle. Nous redoutons que ces hommes n’érigent rapidement des barrières pour extorquer de l’argent et vivre sur le dos de la population, qui n’en peut plus des tracasseries », a-t-il déclaré.

La population locale, déjà confrontée aux violences attribuées aux rebelles des ADF et à plusieurs milices se réclamant des « Wazalendo », craint que l’émergence de ce nouveau groupe n’aggrave l’insécurité dans la région.

Un chef milicien connu des autorités

Selon l’administrateur du territoire de Mambasa, Jean-Baptiste Munyapanzi, le présumé chef de ce mouvement, Katembo Kiaviro, est un ancien milicien Maï-Maï connu des services de sécurité.

Arrêté il y a deux ans à Makumo, il avait été transféré à la prison militaire de Ndolo à Kinshasa avant d’être libéré. Il serait revenu en Ituri il y a moins de six mois.

L’autorité territoriale reste toutefois prudente quant à la qualification de ce groupe.

« S’il reprend les armes, il devient plutôt un bandit à main armée. Pour l’instant, on ne peut pas encore parler d’un groupe armé clairement identifié. S’ils ont trouvé un nom à leur mouvement, nous devons encore établir qui sont ses complices », a déclaré Jean-Baptiste Munyapanzi.

Malgré ces réserves, la psychose gagne déjà plusieurs villages de Mambasa, où les habitants redoutent une multiplication des barrières illégales et de nouvelles exactions dans cette zone rurale déjà fortement affectée par l’insécurité chronique.

La rédaction

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