RDC–Rwanda : Kagame conditionne la levée des « mesures défensives » au respect des accords de Washington par Kinshasa

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Le président rwandais Paul Kagame a déclaré vendredi 6 mars que la levée des « mesures défensives » prises par le Rwanda dans l’est de la République démocratique du Congo dépendrait du respect des engagements contenus dans les accords conclus à Washington, accusant également Kinshasa de soutenir les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

S’exprimant lors d’un dîner offert au corps diplomatique accrédité à Kigali, le chef de l’État rwandais a estimé que son pays faisait face à une menace sécuritaire persistante à sa frontière avec la RDC.

« Dans la situation actuelle, le Rwanda est confronté à un choix impossible : soit tolérer la présence continue des FDLR et de leur réseau croissant de milices, et les laisser se rapprocher de notre frontière, soit se défendre et en subir les conséquences. Le choix est donc on ne peut plus clair. À notre place, un autre pays ferait-il un choix différent ? Et toute condamnation, soit dit en passant, est un honneur pour nos forces de sécurité », a déclaré Paul Kagame.

Le président rwandais a affirmé que son pays restait déterminé à empêcher tout retour aux violences du passé.

« Le Rwanda est fort, et suffisamment fort compte tenu de notre situation. Et c’est précisément parce que nous nous sentons vulnérables aux idéologies de violence, à l’extrémisme ethnique violent, surtout lorsqu’elles bénéficient d’un soutien étatique direct ou indirect, que nous nous sommes fait une promesse : ne jamais retourner à ces jours sombres. Nous ne pouvons pas revenir en arrière. Et c’est une chose sur laquelle nous ne transigerons pas », a-t-il déclaré.

Abordant les accords de Washington, conclus sous la médiation des États-Unis, Paul Kagame a souligné que toutes les parties impliquées devaient en respecter les dispositions.

« Au fait, concernant les accords de Washington, trois parties sont concernées. Il y a d’abord le Rwanda et la RDC, bien sûr les États-Unis, le pays qui nous a accueillis et qui a joué un rôle de médiateur dans ce processus. Ils en font partie intégrante. Dès lors, si l’on attend de trois parties qu’une seule remplisse ses obligations, je ne sais pas vraiment à quoi nous attendre. C’est là, en quelque sorte, que nous nous trouvons. Si cet accord est pleinement mis en œuvre, il offrira à toutes les parties la sécurité dont elles ont besoin et qu’elles méritent, et jettera les bases d’une coopération économique mutuellement avantageuse », a-t-il déclaré.

Selon le chef de l’État rwandais, la crise sécuritaire dans l’est de la RDC dure depuis plusieurs décennies.

« Le conflit dans l’est de la RDC n’est pas nouveau, il n’est ni nouveau ni trop difficile à comprendre. Il se prolonge depuis des décennies en raison de la négligence et de la complaisance, notamment de la part de ceux qui ont le pouvoir de faire la plus grande différence dans sa résolution », a affirmé Paul Kagame.

Le président rwandais a également accusé le gouvernement congolais de soutenir les FDLR.

« Le gouvernement congolais a fourni une couverture politique et un soutien financier aux FDLR, et a intégré ce groupe dans ses structures militaires, d’où il opère désormais en toute impunité », a-t-il déclaré.

Devant les diplomates, Paul Kagame a également défendu la politique sécuritaire de son pays et la fiabilité de ses partenariats internationaux.

« Nombre d’entre vous ici travaillent avec nous depuis longtemps et vous savez que vous pouvez nous faire confiance. Nous sommes fiables. Nous tenons toujours nos promesses. Nos partenariats ont porté leurs fruits précisément parce que nous avons mis en place une politique de sécurité efficace et continue, au cours des trois dernières décennies », a-t-il déclaré.

Le président rwandais a par ailleurs évoqué des attaques visant son pays et dénoncé ce qu’il décrit comme des rapprochements entre certains acteurs politiques et les FDLR.

« Ils ont attaqué le Rwanda à plusieurs reprises, certains pays ont publié des avis à la suite de ces attaques et, récemment, le fils de l’ancien dirigeant du Rwanda qui a dirigé ce pays pendant le génocide et d’autres proches collaborateurs ont rendu visite à Kinshasa afin de renforcer leur alliance avec les FDLR », a affirmé Paul Kagame.

Les relations entre Kigali et Kinshasa restent marquées par de fortes tensions, alors que les initiatives diplomatiques se poursuivent pour tenter de résoudre la crise sécuritaire dans l’est congolais.

Entre-temps, Les États-Unis vont imposer des restrictions de visa à des responsables rwandais pour soutien au M23 en RDC selon un document.

La rédaction

 

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