Les combattants du M23, soutenus par des groupes armés locaux, ont ce dimanche 14 décembre, pris le contrôle des localités de Makobola et Kasekezi dans le territoire de Fizi, au sud-est de la République Démocratique du Congo.
Une etape dans leur offensive, avec l’intention déclarée de s’emparer des agglomérations de Pemba, Swima et Mboko, à moins que les forces armées congolaises (FARDC) et les Wazalendo ne réussissent à stopper leur avancée.
Après avoir franchi les escarpements de Lwanga, les combattants du M23 sont engagés dans des combats violents avec les Wazalendo dans la zone de Makobola, à environ 12 kilomètres au sud d’Uvira.
La présence du général autoproclamé Makanaki et de l’un des leaders régionaux, William Amuri Yakutumba, a également été signalée dans cette zone stratégique.
Les combattants du M23 visent à renforcer leur emprise sur Uvira, qu’ils ont récemment conquise après le retrait des FARDC, et à étendre leur contrôle vers la ville de Baraka, plus au sud.
La consolidation de cette zone pourrait préparer le terrain pour une future expansion vers Kalemie, dans la province du Tanganyika, renforçant ainsi l’influence du M23 sur une large portion de l’est de la RDC.
La situation des civils dans la région reste dramatique. La prise de ces nouvelles localités par le M23 a provoqué une nouvelle vague de déplacements.
De nombreux habitants de la région, déjà contraints de fuir les combats à Uvira, se sont réfugiés à Mboko, qui est désormais le centre le plus peuplé de la zone. Malheureusement, plusieurs d’entre eux ont été victimes d’un naufrage alors qu’ils tentaient de traverser le lac Tanganyika en direction du Burundi. Le bilan fait état de disparus, dont des femmes et des enfants.
Malgré les condamnations internationales, notamment de la part des États-Unis, du Conseil de sécurité de l’ONU et de plusieurs ONG, la situation sur le terrain reste inchangée.
Le gouvernement congolais, qui avait promis une riposte militaire et une offensive diplomatique après la chute de Bunagana en juin 2022, n’a pas réussi à stopper l’avancée des combattants.
Les déplacés, vivant dans des conditions précaires dans les camps du Burundi, à Beni, à Walikale et ailleurs, n’entrevoient pas de fin à leur calvaire.
Alors que les combats se poursuivent, la question demeure de savoir si les FARDC, renforcées par les Wazalendo, réussiront à reprendre le contrôle des zones perdues ou si le M23, consolidant son pouvoir dans la région, pourra étendre encore plus son influence au sud de la RDC.
La rédaction

0 Comments