L’Ituri porte l’essentiel du poids de l’épidémie. Selon Roger Kamba, ministre de la Santé, la province compte à elle seule 827 cas confirmés sur 896 cas recensés au niveau national. Soit plus de 92% des cas confirmés en RDC, et ce en seulement 33 jours depuis la déclaration officielle le 15 mai 2026. Cette concentration fait de l’Ituri l’épicentre absolu de la 17e épidémie d’Ebola que connaît le pays.
L’épidémie a été déclarée officiellement le 15 mai 2026. Le briefing du 18 juin marque donc 33 jours pile de riposte. En un peu plus d’un mois, le virus a atteint 896 cas confirmés à l’échelle nationale. Le ministre Kamba est lui-même revenu 3 fois sur le terrain depuis la déclaration, preuve de l’urgence. Le gouvernement parle d’une “épidémie majeure” qui exige que la riposte soit “à la hauteur”.
Il s’agit de la souche Bundibugyo ebolavirus, BDBV. Contrairement à la souche Zaïre, il n’existe pour l’instant ni vaccin homologué ni traitement spécifique contre le BDBV. Cette absence d’outils médicaux directs rend la riposte encore plus dépendante de la surveillance, de l’isolement des cas et des enterrements sécurisés.
Roger Kamba et Patrick Muyaya, ministre de la Communication, sont arrivés à Bunia le 18 juin 2026 pour évaluer un mois de riposte. Objectif affiché : faire le point sur les progrès, identifier les forces et faiblesses, et adapter la réponse. La mission vise aussi à renforcer la coordination entre autorités sanitaires, partenaires techniques/financiers et communautés locales. La ministre des Affaires humanitaires Eve Bazaiba était aussi sur place.
Malgré les livraisons de matériel à l’aéroport de Bunia, les soignants décrivent une gestion “chaotique”. Des irrégularités dans la mise en œuvre de certaines activités ont été signalées et des décès continuent d’être enregistrés dans les zones affectées. Le gouvernement reconnaît que “dans toute œuvre humaine, il existe toujours des aspects à améliorer”.
Le chiffre officiel de 896 cas ne reflèterait pas la réalité. Des acteurs de santé signalent “beaucoup de décès non déclarés au sein des communautés” et des refus d’orientation vers les structures de santé par scepticisme. Un seul jour, 8 décès suspects ont été rapportés sans passer par le circuit officiel. L’épidémie a d’ailleurs circulé 2 mois et demi avant d’être déclarée, selon la mairie de Mongbwalu, épicentre de la crise.
L’unique Centre de Traitement Ebola fonctionnel à Rwampara, en périphérie de Bunia, est saturé. Des tentes étaient encore installées le 14 juin pour augmenter la capacité. Les transferts se font avec des moyens limités : une ambulance pour tout le CTE de Rwampara, et des pistes ocre cabossées rallongent les délais de prise en charge. Le virus se transmet par contact direct avec les fluides corporels, ce qui rend les soins et les funérailles des points critiques.
La riposte entre dans une phase d’ajustement. Kamba insiste sur la nécessité de réajuster les stratégies pour que la réponse soit à la hauteur des défis. La rencontre avec le nouveau gouverneur de l’Ituri doit permettre de poursuivre la collaboration engagée avec son prédécesseur. Pendant ce temps, la surveillance, la prise en charge des cas, la vaccination si possible et la sensibilisation communautaire continuent pour limiter la propagation.
Nickson Manzekele

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