Les travaux de réhabilitation des routes nationales numéro 5 (RN5) et numéro 30 dans la ville d’Uvira, à l’est de la République démocratique du Congo, progressent difficilement, freinés par l’insécurité, des problèmes d’expropriation et de logistique, ainsi que par le non-respect des normes d’aménagement, selon plusieurs acteurs locaux.
Lancé officiellement le 17 septembre dernier par le gouverneur de province au nom du Chef de l’État, le projet vise à réhabiliter le tronçon de la RN5 reliant le rond-point Kavimvira au port public de Kalundu, soit environ 10 kilomètres, avec une largeur prévue de 18 mètres. Ce projet est financé par le gouvernement congolais et exécuté par l’entreprise de construction EIS-EKA.
Cependant, plusieurs défis ralentissent considérablement l’avancement des travaux. À Kalundu, une large portion du port a été endommagée par les eaux du lac Tanganyika, compliquant les travaux à proximité. À Mulungungu, ce sont les embouteillages chroniques et l’absence d’un espace de stationnement adapté qui perturbent les opérations de chantier.
Par ailleurs, certaines habitations situées sur l’emprise prévue pour la route n’ont toujours pas été démolies, faute d’indemnisation des occupants. “Si l’État veut faire passer la route sur les habitations, ces dernières doivent être indemnisées pour leur survie”, plaide Emmanuel Adebu Pascal, coordinateur urbain du mouvement citoyen Machozi ya Raiya à Uvira.
Le coordinateur déplore également un manque de rigueur dans le suivi du chantier.
“Aujourd’hui, nous déplorons la lâcheté de l’équipe de suivi de tous ces travaux”, a-t-il déclaré ce jeudi 2 octobre.
Il accuse notamment l’entreprise en charge des travaux de ne pas avoir respecté l’emprise officielle de la RN5.
“Au niveau du monument, l’entreprise a préféré récupérer une grande partie du site pourtant classé, alors qu’il s’agit d’un bien à protéger qui donne une visibilité à la ville”, a-t-il ajouté.
La première phase avait concerné l’axe Bukavu-Nyangezi-Kamanyola. Mais les travaux ont été perturbés par l’escalade du conflit dans l’est du pays.
“La guerre menée par l’AFC-M23, appuyée par le Rwanda, a occasionné l’arrêt des travaux sur certains axes et le pillage de plusieurs engins de chantier, emportés de l’autre côté de la frontière”, a rappelé le gouverneur de province lors du lancement des travaux à Uvira.
En dépit de ces contraintes, les autorités locales se veulent rassurantes quant à la poursuite du projet. Mais sur le terrain, les habitants s’impatientent face à la lenteur du chantier, dont les retards exacerbent les difficultés de mobilité dans cette ville frontalière à forte activité économique.
La rédaction

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