Le ministre congolais de la Santé publique, Hygiène et Prévention, Dr Roger Kamba, a ordonné la suspension immédiate des activités du service des urgences de HJ Hospital, un établissement médical privé situé à Kinshasa, après le décès de Divine Kumasamba, admise en urgence mais, selon les autorités, privée de soins faute de paiement.
Dans une lettre officielle datée du 9 septembre 2025, adressée à la direction de HJ Hospital, le secrétaire général à la Santé, Dr Yuma Ramazani Sylvain, dénonce une violation grave des engagements contractuels liant l’hôpital au ministère dans le cadre de la Couverture Santé Universelle (CSU).
« En effet, dans la nuit du 07 au 08 septembre 2025, votre structure avait reçu en urgence Madame Divine Kumasamba qui avait été privée de soins et d’assistance pour n’avoir pas été capable d’honorer la caution exagérée lui exigée, et ce, malgré l’acompte qu’elle détenait », affirme la lettre.
Le document ajoute que ce refus d’assistance a entraîné la mort de la patiente, un manquement jugé contraire à la déontologie médicale et aux principes d’accès équitable aux soins, défendus par l’État congolais.
« Malheureusement, cette situation a entraîné le décès de cette dernière faute de soins appropriés », poursuit le Dr Yuma.
« Cette attitude est contraire aux prescrits du partenariat liant votre structure au ministère de la Santé publique et Hygiène dans le cadre de la couverture sanitaire universelle. »
En conséquence, et en attendant les résultats de l’enquête en cours menée par l’Inspection générale de la santé, le ministre Roger Kamba a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre toutes les activités du service des urgences de l’établissement.
L’affaire a immédiatement suscité une indignation massive sur les réseaux sociaux et dans les milieux militants pour le droit à la santé.
La journaliste Gisèle Kaj, dans un message publié sur son compte personnel, a exprimé sa colère et son désarroi :
« Mourir parce qu’on n’a pas pu payer 5 000 dollars, puis 2 000 dollars avant de recevoir des soins. Si cette histoire est vraie et malheureusement, elle semble l’être c’est tout simplement inconcevable. Et pourtant, ce n’est pas nouveau dans notre pays. »
La journaliste a également partagé un souvenir personnel douloureux :
« J’avais 12 ans quand j’ai vu une femme enceinte mourir sous mes yeux. Elle avait été amenée en urgence à la clinique, en pleine nuit. \[…] Elle est morte, sans qu’on lui tende la main. »
Dans un cri d’alarme adressé à la profession médicale, la journaliste de la radio okapi Gisèle Kaj interroge :
« Que devient le serment d’Hippocrate ? […] Depuis quand l’argent vaut-il plus que la vie humaine ? L’humanisme a-t-il disparu de ce monde ? Ce n’est pas une accusation, c’est un cri. Un appel à la conscience. »
HJ Hospital, considéré comme l’un des centres médicaux les plus réputés et fréquentés de Kinshasa, n’a pas encore réagi publiquement à cette suspension ni aux accusations portées contre lui. Contactée , la direction n’a pas souhaité faire de commentaire à ce stade.
Le ministère de la Santé a indiqué que des sanctions administratives et judiciaires pourraient suivre, en fonction des conclusions de l’enquête.
La rédaction

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