Après le Nord et Sud-Kivu, 3 provinces notamment Tshopo, Kalemie et Kindu dans le viseur du M23

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Alors que les rebelles occupent déjà d’importantes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le spectre d’une avancée vers le centre du pays, notamment vers Kisangani, alarme observateurs et autorités.

Dans une déclaration de Sultani Makenga, chef militaire de l’Alliance du Fleuve Congo – Mouvement du 23 mars (AFC-M23), dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux a fait un vœu d’avancer.

« Mon prochain meeting se tiendra à Kisangani, Kalemie et Kindu », a lancé Makenga, s’adressant à de jeunes recrues lors de la clôture d’une session de formation politique dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu.

Une phrase aux allures anodines, mais perçue par nombre d’analystes comme une menace voilée d’expansion du conflit armé.

Situées respectivement dans les provinces de la Tshopo, du Tanganyika et du Maniema, les villes citées par le chef rebelle sont des centres névralgiques de la RDC.

Leur prise par les forces du M23 et leurs alliés souvent soupçonnés d’être soutenus par des puissances régionales représenterait un basculement dans le conflit.

La ville de Kisangani, en particulier, revêt une importance symbolique, historique et logistique.

Capitale de la Tshopo, la province la plus vaste du pays, Kisangani est la troisième agglomération urbaine de la RDC.

Elle se situe à la croisée des axes nord-sud et est-ouest, et son aéroport international Bangoka, situé à une vingtaine de kilomètres à l’est, en fait un point clé du transport aérien.

Pour les Congolais, une attaque sur Kisangani réveillerait de douloureux souvenirs.

En juin 2000, la ville a été le théâtre de violents affrontements entre les troupes rwandaises et ougandaises, pourtant alliées dans leur soutien à des groupes rebelles congolais. Cette bataille urbaine, l’une des plus meurtrières du conflit, avait causé la mort de plus d’un millier de civils et de lourdes destructions dans la ville.

« Évoquer Kisangani dans un tel contexte n’est pas innocent. Cette ville a une charge émotionnelle immense. C’est là que Patrice Lumumba a entamé sa marche vers l’indépendance. Elle est à la fois un symbole national et une plaie encore vive », déclare un Kazadi Molière , politologue congolais basé à Kinshasa.

Au-delà de sa valeur historique, Kisangani attire aussi les convoitises pour ses ressources naturelles.

La région environnante est riche en diamants, or et autres minerais stratégiques. Le conflit actuel, dans sa complexité, mêle enjeux géopolitiques et appétits économiques.

En toile de fond, le Rwanda et l’Ouganda, accusés à plusieurs reprises d’ingérences en territoire congolais, poursuivent une rivalité ancienne, parfois armée, sur le sol de la RDC. La bataille de Kisangani en 2000 fut d’ailleurs l’un des épisodes les plus violents de cette confrontation.

Pour l’heure, les autorités congolaises n’ont pas officiellement réagi aux propos de Makenga. Nos tentatives pour joindre une source militaire sont restées vaines. Mais dans les milieux politiques et sécuritaires, l’inquiétude est palpable.

La rédaction

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