Le procès intenté contre l’ancien Président de la République continue de diviser en République démocratique du Congo.
Dans un publication sur sa page X, Moïse Nyarugabo, ancien ministre et sénateur congolais, a vivement critiqué l’Auditeur Général, les juges de la Haute Cour ainsi que les avocats des parties civiles et les sociétaires de l’Union sacrée, les accusant de transformer la justice en instrument politique.
« Même si vous manquez à faire, mais il y a des choses avec lesquelles on ne joue pas », lance l’homme politique originaire du Sud-Kivu, estimant que le procès repose sur des éléments peu crédibles, « ramassés dans la rue et sur les réseaux sociaux ».
Il y voit une mise en scène judiciaire sans fondement solide, nourrie par des motivations extra-légales.
Dans cette publication sans équivoque, Nyarugabo s’en prend à ce qu’il qualifie de dérive monarchique, où une minorité se comporterait comme si la République leur appartenait, au mépris de l’ordre républicain et des lois en vigueur.
Il critique ce qu’il considère comme une personnalisation du pouvoir, affirmant que la logique actuelle vise davantage la satisfaction des égos que le respect de l’État de droit.
Revenant sur les accusations de nationalité étrangère à l’encontre de l’ancien chef de l’État, Nyarugabo s’interroge sur la cohérence de cette démarche : comment qualifier d’apatride ou d’espion rwandais un homme qui a dirigé le pays pendant 18 ans ?
Et surtout, quelles seraient les conséquences d’une telle reconnaissance sur les plans juridique, institutionnel et symbolique ?
Il évoque un possible effondrement de la légitimité de toutes les décisions prises pendant près de deux décennies, y compris les Constitutions promulguées et les serments prêtés.
L’ancien ministre de l’Économie dénonce par ailleurs l’image de chaos que ce procès renvoie à l’étranger, comparant la scène politique congolaise à celle d’« enfants qui jouent dans la boue », une honte nationale selon lui. Cette situation, martèle-t-il, mine gravement la crédibilité du pays auprès de ses partenaires internationaux.
Dans une mise en garde finale, Moïse Nyarugabo avertit les instigateurs de ce procès des effets boomerang qu’ils pourraient subir.
Pour lui, la jurisprudence en train d’être créée pourrait tôt ou tard se retourner contre ceux-là mêmes qui l’ont instaurée.
« La roue ne va pas s’arrêter avec votre procès et la condamnation en téléchargement. Il y a toujours un match retour », prévient-il.
Moïse Nyarugabo, diplômé en droit des et un de Lubumbashi et d’Afrique du Sud, a été juge, avocat, cadre à World Vision International avant d’entrer en politique.
Ancien vice-président du Rassemblement congolais pour la démocratie, il a également siégé au Sénat et dirigé le ministère de l’Économie.
La rédaction

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