L’Organisation Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) a adressé ce lundi 13 juillet 2026, à Kinshasa, une lettre ouverte au Procureur général près la Cour d’appel du Bas-Uélé, à Buta, pour demander l’abandon des poursuites visant Roger Elowa, acteur de la société civile et militant climatique de Poko, estimant que celles-ci portent atteinte aux droits constitutionnels du défenseur de l’environnement.
« Les poursuites judiciaires engagées contre Monsieur Roger Elowa seraient liées à la pétition dénonçant l’exploitation illicite des minerais dans le groupement Bautse », affirme l’ACEDH, soulignant que cette démarche relevait, selon elle, de l’exercice du droit de pétition garanti par la Constitution.
Dans sa correspondance référencée ACEDH/026, l’organisation indique que le dossier RI006/PGOT8/KKW viserait Roger Elowa après la signature, aux côtés d’autres acteurs de la société civile, d’une pétition adressée le 20 mai 2026 au ministre national des Mines. Cette pétition dénonçait des activités minières présumées illicites dans le groupement Bautse, secteur Abarambo, territoire de Poko.
Selon l’ACEDH, les faits reprochés au militant ne constituent pas une infraction pénale mais relèvent de l’exercice des libertés d’expression, de participation citoyenne et du droit de pétition consacrés par la Constitution de la République démocratique du Congo.
« Les dénonciations faites par pétition et lettres adressées aux autorités concernant des activités minières non conformes à la loi constituent un droit et un devoir civique environnemental reconnu à tout citoyen », rappelle l’organisation.
L’ACEDH estime également que les allégations contenues dans la pétition auraient dû conduire les autorités judiciaires à ouvrir des enquêtes sur les activités minières dénoncées, notamment les atteintes présumées aux cours d’eau, aux forêts et aux droits des communautés locales, plutôt qu’à engager des poursuites contre l’un des signataires.
L’organisation attire par ailleurs l’attention sur la situation personnelle de Roger Elowa, présenté comme une personne du troisième âge vivant à plusieurs centaines de kilomètres de Buta. Elle soutient que les convocations judiciaires répétées aggraveraient sa vulnérabilité économique et limiteraient l’exercice de ses libertés de circulation, de manifestation et d’expression.
« Nous vous recommandons de faire respecter la loi et les dispositions constitutionnelles de la République en abandonnant les poursuites contre cet innocent et en prenant des mesures de protection en faveur de ce défenseur », écrit encore l’ACEDH au Procureur général.
L’organisation appelle enfin les autorités nationales et provinciales à mettre en place une stratégie de protection des défenseurs de l’environnement et des militants climatiques, tout en demandant l’ouverture d’enquêtes sur les faits de pollution et d’exploitation minière dénoncés dans le territoire de Poko.
Cette prise de position intervient alors que les questions liées à la protection des défenseurs de l’environnement et à la gouvernance des ressources naturelles demeurent au cœur des débats en RDC.
Ces dernières années, plusieurs organisations de la société civile ont régulièrement plaidé pour un renforcement des garanties accordées aux acteurs engagés dans la défense de l’environnement ainsi que pour une application plus stricte des dispositions constitutionnelles protégeant le droit à un environnement sain.
La rédaction

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