Jean-Paul Waitswalo, notable du Nord-Kivu, a lancé samedi un appel pressant aux autorités de la République Démocratique du Congo et aux responsables du M23, les invitant, dans un message parvenu à lesvolcansnews.net, à dépasser les intérêts égoïstes et à placer l’intérêt supérieur du peuple au centre des décisions pour mettre fin à la crise persistante dans l’Est du pays.
“Nous avons tant souffert, et nous sommes à bout”, écrit Jean-Paul Waitswalo, épuisé par une crise interminable qui endeuille l’Est du pays depuis trop longtemps.
Son message est à la fois un plaidoyer pour la paix, un réquisitoire contre les postures politiques, et un témoignage de la souffrance quotidienne des populations déplacées, affamées ou endeuillées.
Dans son texte, il revient sur les récentes déclarations publiques des protagonistes du conflit, qu’il qualifie de “ballet de déclarations publiques” :
Le 22 juillet, celle du Vice-Premier Ministre de l’Intérieur sur Jeune Afrique; Le 23 juillet, celle du Ministre de la Communication depuis l’Université de Kinshasa ; Le 25 juillet enfin, celle du Représentant du M23 lors d’un point de presse à Goma.
“Ce ballet (…) ne sert en rien les intérêts du peuple, au contraire, il alimente la confusion, la peur et surtout le désespoir”, dénonce-t-il.
Jean-Paul Waitswalo exprime son incompréhension face au contraste entre les rencontres diplomatiques de haut niveau à Nairobi, Luanda, Washington, Doha et la réalité sanglante sur le terrain.
“Pendant que vous partagez le repas ensemble à Doha, ici, chez nous, c’est le sang qui coule, des villages entiers sont vidés, des familles brisées, des enfants orphelins”, s’indigne-t-il, accusant les parties d’aggraver les tensions en s’échangeant des accusations publiques en pleine médiation.
Il poursuit, désabusé :
“Après Nairobi, Luanda, Washington, Doha… aucune solution concrète, aucun engagement sincère, aucun résultat palpable. Nous attendions une fumée blanche mais ce que nous voyons, c’est un horizon encore plus sombre.”
Le message se termine par une interpellation directe aux consciences des décideurs :
“L’Histoire vous jugera mais surtout, que votre conscience vous rappelle chaque nuit que pendant que vous parliez, des enfants mouraient, des familles fuyaient, et des vies se brisaient. Le peuple vous regarde. Le monde aussi.”
Jean-Paul Waitswalo ne parle pas en politicien, mais en témoin d’une tragédie humaine.
À travers ses mots, c’est toute une région qui exprime sa lassitude, son indignation et son désespoir, mais aussi son ultime espérance : celle que la voix de la souffrance l’emporte enfin sur celle des armes et des intérêts.
Rédaction
RDC : “Le sang coule pendant que vous parlez”, un notable dénonce
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