RDC–M23/AFC : Retour à Doha dans huit jours pour préparer la signature d’un accord de paix historique, annonce Jacquemain Shabani

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Huit jours. C’est le délai annoncé par le gouvernement congolais pour le retour à Doha (Qatar) des représentants de la République démocratique du Congo et de la coalition M23-AFC, dans le cadre du processus de paix en cours. Cette information a été rendue publique par le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, lors d’un briefing de presse consacré à la déclaration de principes de Doha et aux perspectives d’une paix durable dans l’Est du pays.

« Dans huit (8) jours, les représentants de la RDC et du M23-AFC retourneront à Doha. Si tout va bien, un accord de paix pourrait être signé dans les mois à venir », a déclaré M. Shabani, affichant un optimisme prudent, mais clair.

Une étape décisive après des décennies de crise

Selon le vice-Premier ministre, la crise sécuritaire de plus de 30 ans dans l’Est de la RDC est aujourd’hui mieux comprise, notamment grâce à l’accord de paix de Washington, qui a permis de clarifier les rôles et responsabilités des différents intervenants dans le conflit.

« Nous sommes à la veille d’un tournant. Des tractations au niveau sous-régional et continental ont contribué à baliser le terrain, même si la mise en œuvre de la cessation des hostilités reste un défi », a-t-il expliqué.

Le processus de Doha, engagé depuis plusieurs mois, s’inscrit dans une dynamique régionale initiée par la rencontre entre le Président Félix Tshisekedi et son homologue Paul Kagame en mars dernier dans la capitale qatarie. Cette rencontre a été suivie en avril par la signature d’un communiqué entre les représentants du gouvernement congolais et ceux de la coalition M23-AFC, qui posait les bases d’une cessation des hostilités.

Un accord en gestation sous haute médiation

Depuis le 23 avril, un mécanisme conjoint d’information et de vérification des faits a été mis en place, avec le soutien de la médiation qatarie. Toutefois, la mise en œuvre immédiate des mesures de confiance prévues s’est avérée complexe. C’est pourquoi ces mesures ont été réintégrées comme principes généraux devant encadrer l’accord de paix à venir.

« Il était prévu que des mesures de confiance soient prises immédiatement. Mais dans la pratique, cela s’est avéré très difficile. La médiation a alors proposé de les encadrer dans l’accord global qui sera signé prochainement », a précisé Jacquemain Shabani.

Dans la suite logique du processus, une réunion tripartite entre le HCR, la RDC et le Rwanda est prévue. Elle devra aborder de manière actualisée la gestion des réfugiés de part et d’autre de la frontière, un dossier sensible et central dans les négociations.

De son côté, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a appelé les médias à faire preuve de responsabilité, en jouant leur rôle d’acteur de paix.

« La presse doit rester vigilante, éviter de relayer les discours de l’ennemi, et surtout informer de manière pédagogique sur les enjeux de l’accord. C’est aussi cela, le rôle du 4ème pouvoir », a-t-il souligné.

Reste à savoir si les différentes parties tiendront leurs engagements jusqu’à la signature définitive d’un accord, et surtout, jusqu’à sa mise en œuvre effective.

La Rédaction

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