Un jeune homme, habillé entièrement en noir, pieds nus, arborant des dreadlocks, couvert d’un drapeau rastafari et brandissant le drapeau national de la République Démocratique du Congo, a été violemment interpellé ce mardi 8 juillet après-midi au rond-point Signers, en plein cœur de la ville de Goma. par des agents des forces de l’ordre du M23-AFC.
Selon plusieurs témoins sur place, le jeune homme s’était installé calmement au niveau du rond-point, où il avait déposé côte à côte deux photographies : celle de l’actuel président Félix Tshisekedi et celle de son prédécesseur Joseph Kabila.
Il expliquait aux passants sa démarche symbolique et pacifique : un appel à la réconciliation, à l’unité et au retour de la paix dans l’Est de la RDC, à travers une entente entre ces deux figures majeures de la politique congolaise.
« Il disait qu’il voulait voir les deux présidents se tendre la main pour mettre fin à la souffrance de la population dans l’Est. Il parlait avec calme, et les gens commençaient à l’écouter avec attention », raconte un vendeur de crédit téléphonique présent sur les lieux.
Mais la scène n’aura duré que quelques minutes avant l’arrivée d’une jeep de la police. Les agents, manifestement alertés par l’attroupement qui s’était formé, sont intervenus promptement. Sans laisser au jeune homme le temps de s’expliquer davantage, ils l’ont interpellé, confisqué ses affaires et l’ont embarqué de force. La destination vers laquelle il a été emmené reste, pour l’instant, inconnue.
L’incident suscite déjà de vives réactions sur les réseaux sociaux, certains dénonçant une atteinte à la liberté d’expression, d’autres évoquant une provocation politique malvenue dans un climat sécuritaire déjà tendu.
« Ce jeune n’a fait que transmettre un message de paix, il ne méritait pas cette brutalité. Depuis quand appeler à l’unité nationale devient un crime ? », s’indigne une étudiante en journalisme qui a assisté à la scène.
Entre soutien populaire et inquiétude pour le sort de ce jeune activiste inconnu, l’affaire pourrait bien alimenter le débat sur les libertés publiques à Goma et plus largement en RDC.
A

0 Comments