Tension à Goma : l’AFC/M23 accuse, les FARDC démentent, la MONUSCO se défend

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Alors que la situation sécuritaire demeure tendue à Goma, dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a publié un communiqué incendiaire le 12 avril, accusant les Forces Armées de la RDC (FARDC), les milices Wazalendo, les FDLR et la SAMIDRC de mener des opérations militaires « en toute illégalité » contre ses positions, notamment lors d’une attaque présumée dans la nuit du 11 au 12 avril.

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Dans ce document, signé par le responsable de communication Lawrence Kanyuka, l’AFC/M23 « condamne avec la plus grande fermeté les opérations conjointes menées dans la ville de Goma », qu’elle qualifie de « menace directe pour la stabilité et la sécurité des populations civiles ». Le groupe rebelle revendique avoir « mis en déroute » plusieurs tentatives de reconquête de la ville et affirme que ces attaques compromettent les engagements de la SADC, en plus de « ralentir la réhabilitation de l’aéroport de Goma ».

Face à cela, l’organisation appelle au « retrait immédiat des troupes de la SAMIDRC » et exige la reddition des éléments des FARDC stationnés dans les installations de la MONUSCO. Se posant en défenseur de la population, l’AFC/M23 conclut en réaffirmant son engagement à « protéger la population civile, quoi qu’il en coûte ».

Les FARDC répliquent : « Un scénario monté de toutes pièces »

La réponse des autorités militaires ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué daté également du 12 avril, le Général-Major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, qualifie la sortie de l’AFC/M23 de « communiqué infondé et dépourvu de toute logique ».

« Ce scénario est sciemment monté pour justifier les tueries quotidiennes de civils à Goma, manipuler l’opinion et saboter les initiatives de paix en cours », déclare le haut gradé congolais.

Les FARDC rappellent que leurs positions militaires les plus proches sont situées à plus de 300 km au nord de Goma, dans le territoire de Lubero, et qu’elles mènent uniquement des actions défensives dans les zones de Walikale, Mwenga, Uvira, Fizi et Shabunda. Pour l’état-major congolais, ces accusations relèvent d’« une manœuvre dilatoire » de la part du M23 soutenu, selon eux, par le Rwanda.

La MONUSCO dément toute implication

Parallèlement, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a fermement rejeté les insinuations de l’AFC/M23 selon lesquelles des militaires FARDC seraient cachés dans ses installations. Dans un bref communiqué, la mission onusienne parle d’accusations « fausses et extrêmement dangereuses ».

« Aucune activité de cette nature n’a jamais eu lieu ni ne saurait être tolérée dans nos installations », assure la MONUSCO, qui condamne des « rumeurs malveillantes » visant à ternir son image, semer la confusion et mettre en péril la sécurité de ses personnels ainsi que des civils ».


Ces échanges de communiqués surviennent dans un climat explosif à Goma, où la population civile reste prise entre les feux croisés. Alors que les belligérants s’accusent mutuellement de provoquer les violences, les initiatives diplomatiques peinent à contenir une guerre aux ramifications régionales.

La rédaction

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