Au cœur d’une imbroglio administrative et organisationnelle majeure, le poste frontalier de Kasindi respire l’air de l’anarchie et devient inévitablement l’épicentre de l’impunité en outrance. La décision présidentielle limitant le nombre des services publics aux frontières n’est pas respectée. À en croire les organisations membres de la société civile forces vives, environ 15 services de l’Etat non habilités sont largement impliqués dans les tracasseries au poste frontalier de Kasindi.
Ce manquement grave contribuent favorablement à des tracasseries, de relèvements illicites des taxes et frais administratifs, la criminalisation du commerce frontalier et la recrudescence de la contrebande sous diverses formes, cet état des choses freine l’éclosion du meilleur climat des affaires en République Démocratique du Congo.
Alors que, le Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo s’etait impliqué personnellement dans la guerre contre la présence injustifiée de plusieurs services aux postes frontaliers du pays. Le Garant de la nation avait manifesté sa prise de position au cours de la 42ème réunion du Conseil des ministres en date du vendredi 31 aout 2020. Aujourd’hui à peu près de 4 ans plus tard, une désobéissance criante s’apparente à ciel ouvert et met malheureusement en cause, l’influence décisionnelle du premier citoyen congolais dans l’administration publique.
Les opérateurs économiques et les usagers de la route nationale numéro 4 (Rn4), sont suffisamment coincés au niveau de la barrière de Kasindi et de Lubiriha, deux barrières emblématiques de ce poste frontalier de Kasindi, se voient confrontés à des obstacles croissants dans leurs trafics commerciaux avec les multiples services étatiques au-delà des services autorisés à œuvres au niveaux de ce deux barrières dont il s’agit notamment des services ;
Pour les formalités de dédouanement des marchandises, à l’importation et à l’exportation ;
• DGDA (Direction Générale des Douanes et Accises), qui dépend du Ministère des Finances.
Pour le contrôle, au lieu d’embarquement et de débarquement, de la quantité, de la qualité et des prix de marchandises et produits exportés et importés ;
• OCC (Office Congolais de Contrôle)
Pour le contrôle sanitaire ;
• PNHF (Le Programme National de l’Hygiène aux Frontières), dépend du Ministère de la Santé.
• Le Service de la Quarantaine Animale et Halieutique (SQAH)
• Le Service de la Quarantaine Végétale (SQAV), ces services dépendent du Ministère de Pêche et Élevage.
Pour les mouvements des personnes physiques, à l’arrivée et au départ ;
• DGM (Direction Générale des Migrations) dépend du Ministère de la défense et de la sécurité.
Pour appuyer la sécuritaire aux services de l’ordre opérationnel ;
• La Police des Frontières, dépend du Ministère de l’intérieur et la Division de surveillance frontière (DSF), dépend de la Présidence de la République.
Les services n’ayant pas qualité d’être aux niveaux des barrières dénaturent le climat des affaires, c’est à l’instar de ces services ;
• DGR N-K
• ONAPAC
• DGRAD
• TRANSCOM
• Personnel civil (de plusieurs services de l’armée et de la PNC), à celà s’ajoute une panoplie de services de renseignements.
Ce contraste fonctionnel illustre une pléthore des services, occasionnant ainsi de multiples tracasseries dont sont victimes les opérateurs économiques dans la région du grand Nord-Kivu. Et par conséquent, cette situation soulève des préoccupations inquiétantes caractérisées par des embouteillages monstres et des tracasseries en outrance à cette 3 ème porte d’entrée au pays et de sortie vers l’Afrique de l’Est.
Dans un monitoring sur l’économie rendu public le vendredi 11 Avril 2025, la société civile forces vives sous noyau du groupement Basongora a, pour la nième fois suggéré à ce que les autorités de l’état de siège puissent peser de leur poids en vue de déloger du poste frontalier de Kasindi des services non habilités, et de mettre en place un mécanisme de suivi permanent pour éradiquer ce désagrément.
“Des opérateurs économiques sont rançonnés par des services non habilités, que l’exécutif provincial du Nord-Kivu le Général Major Éva Somo puisse être attentif et pragmatique afin de stopper cette aventure qui risquerait de minimiser l’autorité de l’Etat et salir la crédibilité du gouvernement congolais face à ses multiples partenaires qui fréquentent régulièrement le poste frontalier de Kasindi”, peut-on lire dans ce monitoring.
Sur le même chapitre, cette structure citoyenne exige à ce que la violation des dispositions du Décret 036/2 02 du 28 mars 2020 portant désignation des services et organismes publics habilités à exercer aux frontières de la République Démocratique du Congo, par des services et organismes publics ainsi que par des agents non habilités à exercer aux frontières soit punie conformément aux lois et règlements de la République.
Alors que sur le droit chemin de la logique, les services légalement autorisés sont la Direction générale des douanes et accises (DGDA) de l’Office congolais de contrôle (OCC) de la Direction Générale des Migrations (DGM) ainsi que le Service d’hygiène publique. Toutefois qu’en plus de quatre services, il y a la police des frontières qui est un service d’appui et les services de sécurité qui œuvrent au poste frontalier de Kasindi sous couverture. Ces services sont non apparents pour assurer les missions sécuritaires classiques.
PAUL ZAÏDI
Nord-Kivu : une décision de Félix-Antoine Tshisekedi foulée au pied au poste frontalier de Kasindi
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