Lutte contre Ebola en Ituri : le PNHF renforce ses cheik-points sanitaires à Niania et à Mambasa

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Le 17 juin 2026, le docteur Théophile Ponde, coordonnateur provincial du Programme National d’Hygiène des Frontières – PNHF en Ituri, a annoncé le renforcement des cheik-points sanitaires installés à Niania et à Mambasa. Selon lui, cette mesure vise à consolider la surveillance épidémiologique dans la zone face au risque persistant d’Ebola dans la région.

Niania et Mambasa se situent toutes deux dans le territoire de Mambasa, au sud de la province de l’Ituri. Mambasa-ville est le chef-lieu du territoire et un carrefour commercial important vers le Nord-Kivu et l’Isiro. Niania, quant à elle, est un poste frontalier stratégique sur l’axe Komanda-Mambasa-Kisangani. Leur position fait d’elles des points de passage obligés pour les voyageurs, les commerçants et les transporteurs.

Le PNHF cible ces deux localités parce qu’elles concentrent un trafic humain intense et une forte mobilité transfrontalière. En période de surveillance post-épidémique, tout mouvement de population peut faire circuler le virus. Le docteur Ponde a insisté sur le fait que les cheik-points sont la première ligne de défense : détection précoce, isolement rapide et orientation vers les centres de traitement.

Sur place, les équipes du PNHF procèdent au contrôle systématique : prise de température, lavage des mains, désinfection des véhicules, collecte des données de voyage et sensibilisation. Les agents sont aussi formés pour repérer les signes d’alerte : fièvre, fatigue intense, douleurs musculaires, vomissements. Tout cas suspect est immédiatement mis en quarantaine et notifié aux équipes d’intervention rapide.

Au-delà du contrôle, ces postes jouent un rôle pédagogique. Les agents expliquent aux passagers pourquoi chaque geste compte. Dans une zone marquée par les déplacements liés à l’insécurité et au commerce, les cheik-points deviennent des relais d’information fiables. Ils rassurent aussi la population : l’État et ses partenaires sont présents et vigilants.

Le docteur Ponde a rappelé que relâcher les mesures barrières, c’est ouvrir la porte à une nouvelle chaîne de transmission. Un seul cas non détecté à Niania ou Mambasa peut, en 21 jours, contaminer des familles entières, saturer le centre de traitement et forcer un confinement local. L’expérience des épidémies passées en Ituri montre que la négligence au niveau des contrôles a souvent été le point de départ des flambées.

En cas de cas confirmé, les conséquences vont au-delà du sanitaire. Les marchés de Mambasa peuvent être fermés, les routes vers Beni et Komanda bloquées, les écoles suspendues. Les commerçants perdent leurs revenus, les enfants ratent l’école, et la méfiance s’installe entre communautés. Respecter le lavage des mains, le port de masque en cas de symptômes et signaler les malades, c’est donc protéger l’économie locale.

Pour le coordonnateur provincial, la lutte contre Ebola ne repose pas uniquement sur les agents du PNHF. Elle dépend de chaque voyageur, chauffeur, vendeur et chef de quartier. Le renforcement à Niania et Mambasa est un signal fort, mais il ne sera efficace que si la population collabore sans résistance aux contrôles. Comme le dit le docteur Ponde : « Un cheik-point bien respecté, c’est une vie sauvée ».

Nickson Manzekele

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