Dans le marché de Kipese, situé dans le territoire de Lubero au Nord-Kivu, le prix de la pomme de terre connaît une hausse spectaculaire qui inquiète les habitants. En l’espace de quelques semaines, le sac est passé de 70 000–80 000 francs congolais à environ 150 000 francs congolais, soit presque le double.
Cette augmentation brutale touche directement les familles déjà fragilisées par l’insécurité et les perturbations des activités agricoles dans la région.
Une situation qui pèse lourd sur les ménages.
Sur le marché de Kipese, les vendeuses et acheteurs décrivent une situation devenue difficilement soutenable.
« Avant, on pouvait encore acheter un sac pour nourrir la famille pendant un moment. Aujourd’hui, même les petits achats deviennent un luxe », témoigne une mère de famille rencontrée sur place.
Les commerçants, eux, expliquent que la rareté de la production locale et les difficultés d’acheminement des produits vers les centres de consommation sont parmi les principales causes de cette flambée des prix.
« Les récoltes ont diminué et les champs ne sont plus toujours accessibles à cause de l’insécurité », confie un vendeur du marché.
Suite à cette situation, la société civile locale de Kipese s’inquiète des conséquences sur la sécurité alimentaire des populations.
Son président, Mumbere Jackson Lebon, appelle à une réponse urgente pour éviter une aggravation de la crise.
« Nous sommes face à une population qui n’arrive plus à subvenir à ses besoins alimentaires de base. Nous demandons aux organisations humanitaires d’intervenir rapidement, notamment par la distribution de semences afin de relancer la production agricole », plaide-t-il.
La hausse des prix intervient dans un contexte plus large de tensions et d’insécurité dans plusieurs zones rurales du territoire de Lubero. Ces difficultés perturbent les activités champêtres, réduisent les récoltes et limitent l’approvisionnement des marchés locaux.
Pour les acteurs locaux, l’urgence est double : stabiliser l’accès alimentaire immédiat des populations et soutenir la relance agricole pour éviter que la situation ne s’aggrave davantage dans les mois à venir.
Sans intervention rapide, préviennent-ils, de nombreuses familles pourraient basculer dans une précarité alimentaire encore plus profonde.
La redaction

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