La province de l’Ituri resserre son filet contre Ebola. Le Programme National d’Hygiène aux Frontières, PNHF, a intensifié ses actions en installant des kits d’hygiène aux principales entrées du territoire d’Irumu. Objectif : bloquer toute entrée du virus par voie terrestre.
L’opération s’est déroulée ce 07 juin 2026. Le coordonnateur provincial du PNHF Ituri, le docteur Théophile Ponde, a tenu à superviser personnellement les travaux. Un choix symbolique pour montrer l’exemple et marquer l’urgence de la riposte. Les kits ont été posés à deux endroits clés. D’abord vers le Pont Ituri, communément appelé Bavonkutu, sur l’axe routier menant vers le territoire de Mambasa. Ensuite à l’entrée de Luna, qui marque la limite avec la province du Nord-Kivu.
Bavonkutu et Luna sont des carrefours très fréquentés. Camions, mototaxis, commerçants et voyageurs y passent chaque jour. Sans contrôle, ces flux peuvent devenir des autoroutes pour le virus. Le PNHF a donc priorisé ces zones. Chaque kit comprend des dispositifs de lavage des mains, du savon, du gel hydroalcoolique, des affiches de sensibilisation et du matériel de prise de température. De quoi assurer un premier filtrage systématique de toute personne entrante.
En se mettant lui-même à l’œuvre, le Dr Ponde a voulu envoyer un message fort. Pour lui, les responsables doivent être visibles sur le terrain, pas seulement dans les bureaux. La population a salué cette proximité. L’installation ne s’arrête pas au matériel. Des agents du PNHF sont déployés pour expliquer les gestes barrières. Se laver les mains, signaler tout cas de fièvre, éviter les contacts directs avec les malades : le message est répété à chaque véhicule.
L’Ituri reste sous vigilance depuis les dernières épidémies d’Ebola dans l’Est. Avec la porosité des frontières et la mobilité des populations, le risque de réimportation est réel. D’où cette stratégie de “barrière sanitaire”. Le PNHF travaille de concert avec l’administration territoriale d’Irumu et les leaders communautaires. Leur rôle : relayer l’alerte, mobiliser les jeunes pour la surveillance et lever les réticences face aux contrôles.
Manque de moyens, fatigue des communautés, rumeurs : la riposte se heurte encore à des obstacles. Le Dr Ponde reconnaît que les kits seuls ne suffisent pas. Il faut de la constance et l’adhésion de tous. Le message du PNHF est clair : Ebola ne se combat pas uniquement avec des produits. Chaque citoyen devient un maillon. Se laver les mains, refuser les enterrements à risque, alerter les équipes médicales… Les gestes simples sauvent.
Pour le coordonnateur provincial, ces installations ne sont qu’un début. D’autres points d’entrée seront équipés dans les jours à venir. La surveillance doit rester active aussi longtemps que la menace persiste.
Nickson Manzekele

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