Le jugement des généraux des FARDC ayant dirigé les opérations militaires contre les ADF au Nord-Kivu est réclamé dimanche à Beni par le député provincial Abdoul Kalemire III, qui les accuse de collusion avec l’ennemi après des années de massacres persistants contre les civils.
« Au départ des révélations que différents procès contre les officiers militaires nous ont révélées, nous exigeons que tous les plus hauts gradés généraux qui ont défilé ici chez nous soient écoutés puis jugés car ils ont jeté la population dans l’holocauste de la mort par les terroristes ADF de par leur collaboration avec l’ennemi. Nous demandons au président de la République Félix Antoine Tshisekedi de les livrer à la justice », a déclaré Abdoul Kalemire III, député provincial et chef coutumier de la chefferie des Bashu.
Pour cet élu, les révélations issues de plusieurs procédures judiciaires visant certains officiers militaires renforcent les soupçons d’une responsabilité plus large au sein de la chaîne de commandement ayant conduit les opérations dans la région de Beni.
Il estime notamment qu’il est difficile d’expliquer la persistance des massacres alors que plusieurs généraux se sont succédé à la tête des dispositifs militaires déployés pour neutraliser les combattants ADF.
Selon lui, une guerre ayant bénéficié d’un tel niveau de commandement ne devrait pas continuer à produire les mêmes résultats après plus d’une décennie d’interventions militaires. Il plaide ainsi pour que la justice congolaise entende tous les officiers concernés afin d’établir les responsabilités de chacun.
« Nous avons vu différentes catégories de généraux venir ici pour combattre ces petits ADF qui mangent même difficilement en brousse, mais le résultat n’a jamais changé et nous continuons à mourir comme des rats. Pourtant, le colonel Mamadou avait démontré que vaincre la guerre, ce ne sont pas les généraux, c’est plutôt l’engagement d’un militaire moins gradé », a-t-il ajouté.
Abdoul Kalemire III regrette également ce qu’il considère comme un manque d’attention accordée à la crise sécuritaire de Beni par rapport à d’autres conflits armés qui secouent l’Est de la République démocratique du Congo. Selon lui, les populations victimes des attaques ADF attendent toujours des réponses concrètes sur les circonstances ayant favorisé la poursuite des violences.
Au sein de plusieurs communautés de Beni, les appels à la vérité et à la justice se multiplient alors que les familles endeuillées continuent de réclamer des enquêtes approfondies sur les responsabilités militaires et sécuritaires dans la gestion de cette guerre.
Depuis le début des massacres attribués aux ADF en 2014 dans la région de Beni, plus de six mille civils auraient été tués selon les estimations avancées par plusieurs acteurs locaux. Malgré de nombreuses opérations militaires et le déploiement successif de hauts responsables des FARDC, l’insécurité demeure une préoccupation majeure pour les populations du Grand Nord-Kivu.
la rédaction

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