La participation des éco-gardes de l’ICCN aux patrouilles diurnes et nocturnes menées avec les FARDC dans les zones riveraines du Parc national des Virunga suscite, depuis plusieurs semaines, des interrogations parmi les agriculteurs de Beni, au Nord-Kivu. Cette mesure gouvernementale, déployée dans l’objectif de renforcer la protection des populations et le renseignement sécuritaire, intervient dans une région marquée par des tensions persistantes entre les communautés locales et l’Institut congolais pour la conservation de la nature.
« Le gouvernement central de la RDC, après plusieurs lamentations populaires et préjugés contre les éco-gardes qui n’attaquent pas et n’ont jamais été attaqués par les ADF, a décidé d’intégrer les éco-gardes dans la protection des populations, surtout dans le domaine du renseignement. Mais il n’y a pas eu une communication préalable pour informer la population, c’est ce qui cause problème. Connaissant le degré de conflit entre l’ICCN et les éco-gardes, les autorités devraient d’abord informer les agriculteurs pour éviter des soupçons », a recommandé Alain Siwako, député provincial du Nord-Kivu élu du territoire de Beni.
Selon cet élu, l’absence d’une communication claire autour de cette stratégie sécuritaire alimente les inquiétudes des habitants, particulièrement dans les localités situées en amont du Parc national des Virunga. Plusieurs agriculteurs affirment éprouver des difficultés à distinguer les missions respectives des éco-gardes et des militaires engagés dans les opérations de sécurisation.
Depuis le début de cette collaboration sur le terrain, les réactions de la population se multiplient. Certains habitants évoquent des différends passés avec les agents de l’ICCN et accusent régulièrement les éco-gardes d’avoir entretenu des relations ambiguës avec les groupes armés actifs dans la région. Des accusations qui continuent d’alimenter la méfiance malgré la nouvelle orientation sécuritaire décidée par les autorités congolaises.
Face à cette situation, Alain Siwako appelle la population au calme et à la collaboration avec l’ensemble des services de sécurité. Pour lui, l’intégration des éco-gardes aux côtés des FARDC relève d’une stratégie gouvernementale visant à améliorer la protection des civils et l’efficacité du renseignement dans les zones exposées à l’insécurité.
Les tensions entre les communautés riveraines et l’ICCN ne sont pas nouvelles dans la région de Beni. Depuis plusieurs années, des conflits liés à l’exploitation des terres agricoles autour du Parc national des Virunga opposent régulièrement les agriculteurs aux gestionnaires de cette aire protégée, alimentant un climat de méfiance qui continue d’influencer la perception des initiatives sécuritaires actuelles.
La rédaction

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