Sud-Kivu : une ONG alerte sur les risques des feux de brousse avant la saison sèche

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Les feux de brousse inquiètent de nouveau au Sud-Kivu à l’approche de la saison sèche, où ICOPREN RDC appelle les communautés rurales à la vigilance, dans plusieurs localités de la province, afin de prévenir les incendies susceptibles de détruire habitations, champs et écosystèmes.

Face à la multiplication des pratiques de brûlis dans les milieux ruraux, l’Initiative Communautaire pour la Protection et la Restauration de la Nature (ICOPREN RDC) tire la sonnette d’alarme sur les conséquences des feux de brousse non maîtrisés.

« Un feu de brousse détruit en quelques minutes ce que la nature met des années à bâtir. Maîtriser le feu aujourd’hui, c’est protéger nos maisons, nos champs et notre avenir », a alerté Hobereau Kitumaini, responsable d’ICOPREN RDC.

Dans plusieurs villages du Sud-Kivu, l’utilisation du feu demeure une méthode couramment employée par certains agriculteurs pour nettoyer les champs avant les semis, éliminer les herbes sèches ou préparer de nouvelles terres agricoles. Si cette pratique est ancrée dans certaines habitudes culturales, elle devient cependant préoccupante lorsqu’elle est réalisée sans encadrement ni mesures de sécurité.

Selon les acteurs engagés dans la protection de l’environnement, les conditions climatiques de la saison sèche favorisent une propagation rapide des flammes. Sous l’effet du vent et de la sécheresse, un feu allumé pour des travaux agricoles peut rapidement échapper à tout contrôle et atteindre des plantations, des pâturages, des habitations ou encore des espaces forestiers.

Pour ICOPREN RDC, les conséquences ne se limitent pas aux pertes agricoles. Chaque année, de nombreuses familles enregistrent des dégâts importants à la suite d’incendies ayant détruit des récoltes, des arbres fruitiers ou des infrastructures communautaires.

« Beaucoup de personnes pensent que le feu facilite le travail dans les champs. Pourtant, lorsqu’il n’est pas contrôlé, il provoque des dégâts considérables sur l’environnement et sur les moyens de subsistance des populations », a expliqué Hobereau Kitumaini.

L’organisation met également en garde contre les impacts environnementaux à long terme. La destruction répétée du couvert végétal accélère l’appauvrissement des sols et favorise l’érosion. À mesure que la végétation disparaît, les terres perdent progressivement leur fertilité, compromettant ainsi les rendements agricoles futurs.

Les défenseurs de l’environnement signalent aussi que certains incendies atteignent régulièrement des zones boisées abritant une biodiversité importante. La disparition de ces espaces naturels réduit les habitats de plusieurs espèces animales et fragilise davantage les ressources dont dépendent les communautés locales.

Afin de limiter les risques, ICOPREN RDC recommande aux agriculteurs de privilégier des techniques de préparation des champs moins destructrices et de mettre en place des pare-feux autour des zones sensibles. L’organisation encourage également une surveillance renforcée de toutes les opérations nécessitant l’utilisation du feu pendant la saison sèche.

Par ailleurs, son responsable appelle les autorités locales, les leaders communautaires ainsi que les organisations de développement à intensifier les campagnes de sensibilisation dans les villages afin de prévenir les incendies et promouvoir une gestion responsable des ressources naturelles.

Cette alerte intervient alors que les feux de brousse figurent parmi les principales causes de dégradation des écosystèmes dans plusieurs régions rurales de la République démocratique du Congo.

Selon divers rapports environnementaux, des milliers d’hectares de végétation sont affectés chaque année par des incendies majoritairement liés aux activités humaines, poussant les organisations environnementales à renforcer leurs actions de prévention pour protéger à la fois les populations et leur environnement.

Yseult Lwango

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