Huit explosions ont frappé, dans la soirée du lundi 25 mai, l’aéroport international de Bangboka à Kisangani, en province de la Tshopo, provoquant la panique parmi les civils, l’arrêt momentané des activités aéroportuaires et un important déploiement militaire, alors que l’origine exacte des bombardements reste inconnue.
Selon plusieurs habitants contactés sur place, la première explosion a été entendue vers 17h30 dans l’enceinte de l’aéroport civilo-militaire de Bangboka. Au total, huit détonations ont été enregistrées durant la nuit, accompagnées de tirs nourris et d’intenses mouvements militaires autour des installations stratégiques.
« Seuls les bruits des explosions ont été entendus. Nous n’avons pas perçu les sons habituels des drones kamikazes », a témoigné un habitant de Bangboka, contacté après les frappes.
Peu après les premières explosions, les civils présents à l’aéroport ont quitté les lieux dans un mouvement de panique, tandis que les militaires ont sécurisé le périmètre et interdit tout accès aux enceintes aéroportuaires. Un appareil de la compagnie CAA attendu dans la soirée n’a finalement pas atterri à Kisangani.
Durant toute la nuit, les habitants vivant aux alentours de l’aéroport rapportent avoir entendu des tirs sporadiques et observé des déplacements inhabituels des forces armées. Jusqu’à lundi matin, aucun bilan officiel n’était encore disponible et ni les autorités politiques de la Tshopo ni l’armée n’avaient communiqué sur cette nouvelle attaque.
Aucune source sécuritaire ne confirme pour l’instant l’utilisation de drones kamikazes dans ces bombardements. Toutefois, cette nouvelle attaque intervient dans un climat de fortes tensions sécuritaires entre les FARDC et l’AFC/M23 dans l’Est de la République démocratique du Congo.
La veille, dimanche 24 mai, plusieurs frappes de drones avaient déjà été signalées dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Des sources locales évoquent une attaque menée contre des positions de l’AFC/M23 sur la colline de Bisunzu, dans la localité de Lutingiti, groupement Mufunyi Kibabi. Des combattants blessés auraient été évacués vers Rubaya après les bombardements.
Dans un communiqué diffusé dimanche soir, le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a accusé les forces gouvernementales d’avoir « intensifié leurs bombardements criminels contre des zones densément peuplées » de Masisi à l’aide d’un drone de combat CH-4. Le mouvement affirme que les frappes ont provoqué des déplacements de populations ainsi que plusieurs dégâts matériels et humains dans les zones sous son contrôle.
Pendant ce temps, des sources locales indiquent que la situation est redevenue relativement calme ce lundi dans certaines parties du groupement Kibabi, après de violents affrontements ayant opposé les FARDC appuyés par les Wazalendo aux combattants de l’AFC/M23 autour de Kinigi et Chugi. Les mêmes sources soutiennent que l’AFC/M23 maintient toujours le contrôle de plusieurs agglomérations de la zone.
L’aéroport international de Bangboka avait déjà été visé il y a quatre mois par une autre série de bombardements. Depuis plusieurs mois, cette infrastructure stratégique abrite également le centre de pilotage des appareils de la Force aérienne congolaise.
La rédaction

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