Des manifestants arrêtés jeudi 14 mai lors des tensions sécuritaires dans plusieurs quartiers de Beni, au Nord-Kivu, ont été libérés puis récupéré certains de leurs biens saisis par des militaires déployés pour disperser les attroupements. Sept téléphones ont été remis aux propriétaires au quartier Ngongolio grâce à l’intervention des autorités locales et de la société civile.
« Telle que tu me vois ici Monsieur le journaliste, nous sommes très fatigués. Des militaires qui ont été déployés ici dans mon quartier ont ravi plusieurs téléphones, de l’argent et d’autres biens. Grâce à notre collaboration avec leur responsable, nous avons réussi à récupérer sept téléphones et venons de les remettre aux propriétaires qui ont été interpellés parmi les manifestants à Ngongolio », a déclaré Julien Kapanga, chef du quartier Ngongolio.
Selon plusieurs habitants, les opérations de maintien de l’ordre ont dégénéré dans certains coins de la ville où des militaires auraient également emporté de l’argent et forcé les portes de quelques maisons de commerce pendant les interventions.
Le président de la nouvelle société civile de Ngongolio, Vikopa Germain, a salué la restitution d’une partie des biens tout en dénonçant certains abus enregistrés pendant les manifestations.
« Nous sommes satisfaits que les militaires déployés dans notre entité pour disperser les manifestants au quartier Ngongolio soient bien compréhensifs du point qu’ils nous ont remis certains biens dont des téléphones. Mais il y a aussi de l’argent qui a été ravi et qui n’a pas laissé des traces. Ce qui nous étonne, c’est que nos militaires ont débordé dans certains cas où ils auraient même forcé des portes de certaines maisons de commerce. Bien qu’ils aient maîtrisé la situation, cet état-là ne nous a pas plu », a-t-il regretté.
Les tensions ont particulièrement été observées dans les quartiers Ngongolio, Kalinda, Butsili et Cité Belge où des groupes de manifestants ont paralysé les activités pour réclamer la fin des massacres attribués aux groupes armés, la lutte contre le banditisme urbain ainsi que la levée de l’état de siège instauré au Nord-Kivu et en Ituri.
Les manifestations avaient été annoncées plusieurs jours avant par des mouvements citoyens et des structures communautaires. Durant une grande partie de la journée, commerces, écoles et transports sont restés paralysés dans plusieurs zones de Beni avant le rétablissement progressif de l’ordre par les services de sécurité.
Depuis plusieurs années, la ville de Beni reste confrontée à une insécurité persistante marquée par des attaques armées, des assassinats ciblés et des cas récurrents de banditisme urbain.
Malgré l’état de siège instauré depuis 2021 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, les habitants continuent de dénoncer la recrudescence des violences et réclament des solutions durables pour restaurer la paix dans la région.
La rédaction

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