Nord-Kivu : l’AFC/M23 renforce ses positions sur 4 axes et accentue la pression autour de Pinga

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L’AFC/M23 a renforcé, jeudi 2 juillet 2026, ses positions sur quatre axes autour de la cité de Pinga, dans les territoires de Walikale et de Masisi, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, où des sources locales signalent l’arrivée de nouveaux hommes et de munitions en prévision d’une nouvelle offensive.

Selon plusieurs sources locales, ces renforts ont été observés sur les axes Malemo–Mindjendje, sur la route Mpety–Kalembe, Rusamambu–Chanjikiro, Bukumbirwa–Misambo–Maruho en territoire de Walikale, ainsi que Bulende–Bukonde en territoire de Masisi.

Les mêmes sources estiment que ces mouvements visent à préparer une progression vers la cité stratégique de Pinga, une agglomération convoitée depuis plusieurs mois en raison de sa position sur les principaux axes reliant plusieurs entités du Nord-Kivu.

Face à cette évolution, les autorités coutumières du groupement Kisimba appellent les services de sécurité à renforcer leur dispositif afin d’empêcher toute progression vers cette cité.

Ces responsables demandent également aux habitants de collaborer avec les forces de sécurité en signalant tout mouvement suspect susceptible de compromettre la stabilité de la zone.

À ce stade, la cité de Pinga demeure sous le contrôle des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), tandis que les dispositifs de surveillance restent renforcés sur les différents axes d’accès.

Le 1er juillet 2026, la coalition Twirwaneho–Red Tabara–AFC/M23 a pris le contrôle de la localité de Mikenge avant de s’emparer, le lendemain, de Rwisankuku, dans le Sud-Kivu. Selon les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux, cette coalition bénéficie d’un appui du Rwanda, une accusation que Kigali rejette.

Parallèlement, un bombardement a été signalé le même jour dans le village de Mulima, en territoire de Fizi, au Sud-Kivu. D’après le mouvement citoyen Machozi ya Raiya, la frappe a visé les installations de l’école primaire Ngulube. Un bilan provisoire fait état d’au moins 21 victimes, parmi lesquelles des militaires et des civils. Plusieurs acteurs locaux réclament l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les circonstances exactes de cette attaque.

Sur le plan diplomatique, les efforts de médiation engagés dans le cadre des processus de Washington et de Doha peinent toujours à produire les résultats attendus. Dans son dernier rapport présenté au Conseil de sécurité des Nations unies, le Groupe d’experts sur la RDC affirme que l’AFC/M23 poursuit des objectifs politiques, militaires et économiques, notamment l’extension de son contrôle territorial et le renforcement de structures administratives dans les zones qu’il contrôle.

Les experts des Nations unies relèvent également que, malgré la résolution 2773 adoptée en 2025 par le Conseil de sécurité, demandant le retrait des forces rwandaises et la cessation de tout soutien à l’AFC/M23, les territoires contrôlés par ce mouvement auraient progressé de plus de 35 % depuis le lancement du processus de Doha en mars 2025. Située dans le territoire de Walikale, au nord-ouest de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, la cité de Pinga demeure l’un des principaux verrous stratégiques reliant Walikale, Masisi et Lubero, ce qui explique l’attention particulière qu’elle suscite depuis plusieurs mois.

La rédaction

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