La détérioration persistante de la Route nationale numéro 2 (RN2) continue d’aggraver les difficultés de circulation entre Bukavu et les territoires de Walungu, Mwenga ainsi que Shabunda, poussant la Synergie des Étudiants de Walungu, SEWA-RDC en sigle, à tirer la sonnette d’alarme ce lundi 11 mai 2026 face aux répercussions humanitaires, économiques et sanitaires observées sur cet axe vital du Sud-Kivu.
« Ce qui se vit aujourd’hui sur la RN2 dépasse de simples difficultés de circulation. Les populations commencent à subir une véritable crise de mobilité », a déclaré la SEWA-RDC.
La SEWA-RDC décrit une route dont plusieurs tronçons se dégradent progressivement sous l’effet des pluies répétées et du manque d’entretien régulier. Dans certaines zones, les véhicules avancent difficilement entre les bourbiers, les crevasses et les eaux de ruissellement qui envahissent la chaussée.
Pour les habitants des territoires de l’intérieur, voyager vers Bukavu devient désormais un parcours particulièrement éprouvant. Des passagers expliquent que certains trajets prennent aujourd’hui plusieurs heures supplémentaires, tandis que d’autres sont parfois interrompus en pleine route à cause des véhicules embourbés.
La situation toucherait également les activités économiques dans plusieurs localités dépendant fortement de Bukavu pour l’approvisionnement en denrées alimentaires, en carburant, en médicaments et en autres produits essentiels.
« Certaines marchandises arrivent avec beaucoup de retard et les coûts de transport deviennent de plus en plus élevés pour les familles », a dit Ciza Kabika, acteur communautaire à Walungu.
Selon la SEWA-RDC, les difficultés observées sur cet axe ne concernent pas uniquement les commerçants et les voyageurs ordinaires. Les véhicules sanitaires, les ambulances ainsi que les convois humanitaires rencontreraient eux aussi d’importants obstacles sur plusieurs tronçons considérés comme critiques.
L’organisation évoque notamment les zones de Burhuza, Kashanja, Kahembari, Bideka, Buhesi, Mugogo et « Chez 20 », où des véhicules restent parfois bloqués pendant des heures, voire plusieurs jours, selon les conditions météorologiques.
Dans son communiqué, cette synergie affirme également que certains malades transférés vers des structures sanitaires de Bukavu ou de l’intérieur du territoire seraient arrivés tardivement à destination à cause de l’état de la route.
Les cérémonies funéraires sont elles aussi affectées par cette situation. Des familles seraient parfois contraintes d’interrompre leur déplacement avant d’atteindre les villages de destination, faute de passage praticable.
« Même les convois funéraires ne sont plus épargnés par cette situation. Cela devient moralement difficile pour plusieurs familles », a ajouté la SEWA-RDC.
L’organisation appelle les autorités à accélérer les interventions sur cet axe routier considéré comme essentiel pour la vie sociale et économique de plusieurs territoires du Sud-Kivu.
Elle estime que la dégradation continue de cette route accentue davantage les souffrances des populations vivant déjà dans un environnement marqué par les conséquences de l’insécurité et des difficultés économiques persistantes.
La structure estudiantine rappelle également que plusieurs habitants gardent encore le souvenir des travaux de réhabilitation lancés sur la RN2 en 2024 dans le cadre d’un projet de modernisation de cet axe stratégique. Ces travaux avaient suscité de nombreux espoirs avant d’être ralentis puis interrompus à la suite de la détérioration de la situation sécuritaire observée dans plusieurs zones du Sud-Kivu au cours de l’année 2025.
Yseult LWANGO

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