Parc national de Kahuzi-Biega : plusieurs espèces protégées confrontées à plusieurs menaces

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La Journée internationale des espèces menacées, célébrée chaque 11 mai, remet en lumière la situation préoccupante de plusieurs espèces animales protégées dans la province du Sud-Kivu, où la déforestation, le braconnage, l’exploitation minière illégale et les effets du changement climatique fragilisent les écosystèmes naturels, particulièrement dans le Parc national de Kahuzi-Biega et d’autres réserves environnementales de l’est du pays.

« La disparition d’une espèce est irréversible. Protéger la biodiversité, c’est protéger la vie, l’eau, le climat et l’avenir de nos enfants », affirme Maître Wilfried Habamungu, porte-parole provincial adjoint de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile Intercommunautaire, dans une déclaration rendue publique ce lundi 11 mai.

Dans cette déclaration, cette organisation citoyenne attire l’attention sur la dégradation progressive de plusieurs espaces écologiques majeurs de la province, notamment le Parc national de Kahuzi-Biega, les réserves naturelles d’Itombwe, la forêt de Burhinyi ainsi que les écosystèmes du lac Kivu, considérés comme des patrimoines environnementaux essentiels pour la région des Grands Lacs.

Selon la NDSCI/Sud-Kivu, plusieurs espèces emblématiques de la République démocratique du Congo figurent aujourd’hui parmi les plus exposées aux menaces environnementales. Il s’agit notamment du gorille de Grauer, de l’éléphant de forêt, de l’okapi ainsi que du paon congolais, dont les habitats naturels subissent une pression croissante liée aux activités humaines.

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Parc national de Kahuzi-Biega reste l’un des derniers refuges naturels du gorille de Grauer, une espèce endémique de l’est de la RDC. Cependant, dans plusieurs zones périphériques du parc, des cas de déforestation liés à la fabrication du charbon de bois, à l’exploitation artisanale des ressources naturelles et à l’occupation illégale des terres continuent d’être signalés.

Des habitants vivant à proximité des aires protégées reconnaissent également que certaines pratiques de chasse persistent dans plusieurs villages riverains, malgré les campagnes de sensibilisation menées par des acteurs environnementaux et les services de conservation.

« Lorsqu’une forêt disparaît, ce ne sont pas seulement les animaux qui sont affectés. Les communautés finissent elles aussi par subir les conséquences à travers les perturbations climatiques, l’érosion des sols et la diminution des ressources naturelles », explique Germain Basengere, chercheur environnementaliste au Centre de Recherche en Sciences Naturelles de Lwiro (CRSN).

Pour plusieurs défenseurs de l’environnement, la protection des espèces menacées ne peut être dissociée des réalités socio-économiques des populations vivant autour des espaces protégés. Dans certaines localités, des familles dépendraient encore fortement des ressources forestières pour le bois de chauffage, la chasse ou certaines activités économiques de survie.

Face à cette situation, la NDSCI/Sud-Kivu recommande un renforcement de l’application des lois relatives à la conservation de la nature, la sécurisation des aires protégées ainsi que des sanctions contre les auteurs du trafic d’espèces sauvages et de l’exploitation illégale des ressources forestières.

L’organisation encourage également les communautés locales à s’impliquer davantage dans les initiatives de conservation communautaire et plaide pour la promotion d’activités économiques respectueuses de l’environnement afin de réduire la pression exercée sur les forêts et les espèces animales protégées.

Les jeunes, les scientifiques ainsi que les médias sont aussi appelés à renforcer les actions de sensibilisation, de recherche et d’éducation environnementale, notamment dans les écoles et les communautés riveraines des espaces protégés.

Ces dernières années, plusieurs rapports environnementaux ont déjà alerté sur le recul progressif de certaines espèces au sein du Parc national de Kahuzi-Biega et dans d’autres réserves naturelles du Sud-Kivu. Les conflits armés, l’exploitation anarchique des ressources naturelles ainsi que l’expansion des activités humaines dans certaines zones protégées figurent parmi les principales causes évoquées par les spécialistes de la conservation dans cette partie de l’est de la RDC.

Yseult LWANGO

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