Une opération d’identification des ménages bénéficiaires de l’aide alimentaire du Programme Alimentaire Mondial (PAM) suscite de nombreuses inquiétudes dans plusieurs villages du groupement de Mbinga-Sud, en territoire de Kalehe au Sud-Kivu. Des habitants dénoncent des conditions d’exécution jugées pénibles et inadaptées à la situation des populations locales.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, cette opération appelée « scoping » consiste à enregistrer individuellement les bénéficiaires de l’assistance humanitaire à l’aide d’outils numériques. Pour être validés, les ménages sont contraints de se présenter au complet sur les sites d’enregistrement afin d’accéder à une ration alimentaire plus importante.
Cette exigence a provoqué d’importants regroupements de population dans des espaces improvisés, parfois sans infrastructures adéquates. Des habitants parlent de longues heures d’attente sous une forte chaleur, sans accès suffisant à l’eau potable, à des espaces ombragés ni à des soins de première nécessité.
« Nous pensions venir seulement pour l’enregistrement, mais les heures passent et les enfants tombent malades en attendant », témoigne un habitant de la zone.
Un autre dénonce des conditions devenues difficiles à supporter :
« Certains passent toute la journée ici sans manger ni boire, et cela provoque des cas de faiblesse et de malaise. »
Les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées figurent parmi les catégories les plus exposées à ces difficultés. Des sources locales évoquent également plusieurs incidents enregistrés lors des regroupements, notamment des cas de malaises et de chutes liés aux longues attentes et à la forte affluence.
Face à cette situation, plusieurs habitants appellent les organisations humanitaires à revoir les modalités d’organisation de ces opérations. Ils demandent notamment une meilleure gestion des files d’attente, la réduction du temps d’attente ainsi que la mise en place de mesures de protection pour les personnes vulnérables.
Yseult Lwango

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