Au Sud-Kivu, l’accès à l’eau potable s’améliore pour plus de 500 000 habitants, après plusieurs années de difficultés dans certaines zones de la province.
Selon le Comité international de la Croix-Rouge, « plus de 500 000 habitants ont bénéficié d’un accès à l’eau potable grâce aux interventions du CICR ».
Cette information a été confirmée lors d’un briefing avec les médias locaux à Bukavu le 9 avril 2026, offrant un aperçu concret de l’impact des actions humanitaires dans la région.
Dans les territoires de Fizi et Uvira, où les conflits et les déplacements de population fragilisent régulièrement les infrastructures, l’eau potable reste un défi majeur. À Fizi, la mise en service provisoire de l’adduction d’eau de Ndegu permet désormais à près de 14 000 habitants d’avoir accès à une eau potable sécurisée. Dans le village de Namisha, 500 ménages ont retrouvé un accès à l’eau grâce à des travaux de plomberie réalisés entre janvier et février 2026.
À Uvira, le CICR a soutenu la régie locale avec « 2 000 litres de gasoil et 1 800 kg de sulfate d’aluminium », assurant ainsi la continuité de la production et de la distribution pour plus de 500 000 habitants. Ce soutien logistique est essentiel dans une région où l’accès à l’eau est régulièrement perturbé par des pannes techniques ou des difficultés d’approvisionnement en carburant.
Ces initiatives ne se limitent pas à l’urgence. Selon le CICR, elles s’inscrivent dans « une approche globale visant à réduire les risques de maladies hydriques, notamment chez les enfants et les populations vivant dans des conditions précaires ou dans des sites de déplacés ». Les maladies liées à l’eau, telles que la diarrhée ou le choléra, représentent un danger permanent dans les zones affectées par les conflits, et ces interventions contribuent directement à protéger les populations vulnérables.
Au-delà de l’aspect sanitaire, ces actions renforcent la résilience des communautés. En améliorant l’accès aux services essentiels, elles permettent aux habitants de se concentrer sur leurs activités quotidiennes et le développement local. Les experts soulignent que l’entretien régulier des infrastructures et la formation des techniciens locaux sont des étapes clés pour garantir la durabilité de ces projets.
Pour de nombreux habitants, ces améliorations représentent un vrai changement. « Avant, nous devions parcourir de longues distances pour trouver de l’eau potable. Aujourd’hui, nos enfants peuvent boire de l’eau saine directement à la maison », confie un résident de Namisha.
Alors que le Sud-Kivu continue de faire face à des défis liés aux conflits et aux déplacements de population, ces initiatives montrent que des solutions concrètes peuvent transformer le quotidien de milliers de personnes. Le CICR et ses partenaires humanitaires poursuivent leurs efforts pour étendre l’accès à l’eau potable dans les zones les plus vulnérables de la province, en combinant urgence, prévention sanitaire et développement durable.
Des solutions adaptées aux défis locaux
Les habitants et les responsables locaux saluent la rapidité et l’efficacité des interventions. Dans plusieurs villages, l’installation de points d’eau supplémentaires a réduit les files d’attente et le temps nécessaire pour collecter de l’eau.
« Avant, nous passions plusieurs heures chaque jour à chercher de l’eau. Maintenant, il y a des robinets à proximité, ce qui nous laisse plus de temps pour le travail et l’école », explique une mère de famille à Uvira.
Outre les infrastructures, le CICR insiste sur la formation des techniciens locaux pour l’entretien régulier des installations. Cette approche vise à éviter les pannes prolongées et à garantir un accès continu à l’eau potable.
« Former la communauté à gérer ses propres installations est aussi important que construire les infrastructures », souligne un expert humanitaire.
L’accès amélioré à l’eau potable a des effets directs sur la santé et l’éducation des enfants. Moins de maladies hydriques signifient moins d’absences scolaires et une meilleure concentration à l’école. Dans certains villages, les enseignants rapportent une amélioration de la fréquentation depuis l’installation des points d’eau.
Le CICR et ses partenaires humanitaires ont annoncé que leurs actions ne se limitent pas à ce trimestre. De nouvelles interventions sont prévues pour atteindre d’autres zones vulnérables, avec un suivi régulier pour évaluer l’impact sur la santé publique et le quotidien des habitants.
Yseult Lwango

0 Comments