M. Daniel Kaheza Mushonga, président de la société civile sous noyau de Mbinga Nord, en chefferie de Buhavu, territoire de Kalehe, a été libéré ce mercredi 8 avril 2026, après son arrestation qui avait suscité une vive alerte au sein de la société civile du Sud-Kivu.
Selon un communiqué officiel rendu public par le Bureau de Coordination provinciale de la Société Civile du Sud-Kivu, l’arrestation est intervenue le mardi 7 avril à Nyabibwe, aux environs de 11 heures. Trois hommes identifiés comme des éléments du service de renseignement du mouvement AFC/M23 auraient interpellé le responsable local avant de l’emmener vers une destination inconnue.
D’après les premières informations recueillies sur place, Daniel Kaheza Mushonga serait ciblé pour ses prises de position dénonçant des cas de violations des droits humains dans la région. Une situation qui rappelle, selon la société civile, des cas similaires récemment enregistrés, notamment l’arrestation d’un journaliste à Minova dans un contexte jugé tendu.
Face à cette situation, la Société Civile du Sud-Kivu avait immédiatement condamné ce qu’elle qualifie « d’enlèvement », tout en alertant l’opinion publique nationale et internationale. Elle avait notamment saisi la MONUSCO, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme ainsi que la Commission nationale des droits de l’homme, évoquant des menaces persistantes contre les défenseurs des droits humains et les journalistes.
Dans son message, la coordination provinciale avait dénoncé des pratiques d’intimidation visant à réduire au silence les acteurs de la société civile et à restreindre la liberté d’expression dans les zones sous influence rebelle.
« La société civile est apolitique et ne mène aucune lutte armée. Les civils ne doivent pas être pris pour cibles », avait insisté Me Néné Biniragi, présidente de la coordination provinciale.
La structure avait également exigé la libération sans condition de son membre, appelant la population à rester vigilante et attachée aux valeurs patriotiques.
La libération de Daniel Kaheza Mushonga, intervenue moins de 24 heures après son arrestation, est perçue comme un soulagement par ses proches et ses collègues. Toutefois, la société civile maintient sa vigilance et appelle à des garanties de sécurité pour ses membres, particulièrement dans un contexte sécuritaire toujours fragile dans le territoire de Kalehe.
Rédaction

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