Le ministre congolais de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a exhorté ce jeudi 26 mars les étudiants de l’Université de Kikwit (UNIKIK), dans la province du Kwilu, à jouer un rôle actif dans la défense du pays face à la guerre persistante dans l’est de la République démocratique du Congo.
S’exprimant lors d’une conférence devant les étudiants, il a insisté sur la responsabilité de la jeunesse intellectuelle dans le contexte sécuritaire actuel.
« Je suis très content de me trouver devant les étudiants de l’UNIK, ville considérée comme le berceau de l’intelligentsia et du patriotisme congolais, pour vous parler de la guerre, car vous êtes jeunes non seulement capables de donner des réponses aux enjeux de notre pays, mais vous êtes aussi des intellectuels solutions, acteurs pour la défense de la patrie, car ce pays est très important pour le monde », a-t-il déclaré.
Le ministre a souligné que les conflits modernes dépassent le cadre strictement militaire.
« La guerre d’aujourd’hui ne se fait pas seulement par les militaires, mais vous êtes aussi des soldats. C’est pourquoi j’espère qu’un grand nombre d’étudiants s’engagera sur cette voie », a-t-il ajouté.
Au cours de cette rencontre, les causes du conflit dans l’est du pays ont été présentées aux étudiants. Selon le ministre, ces crises s’inscrivent dans une continuité historique d’agressions impliquant le Rwanda, qu’il accuse d’avoir soutenu plusieurs rébellions en RDC, notamment l’AFDL en 1996, le RCD en 1998, le CNDP en 2004 et, plus récemment, le M23.
Il a également évoqué la stratégie mise en place par le président Félix Tshisekedi, articulée autour de cinq fronts : militaire, diplomatique, judiciaire, économique et médiatique, auxquels s’ajoute un volet scientifique.
Le ministre a salué « la bravoure des militaires engagés au front » et appelé les jeunes à contribuer à la construction d’un « pays moteur de l’Afrique et solution pour le monde ».
En marge de cette conférence, Patrick Muyaya, en mission d’itinérance à Kikwit aux côtés du chef de l’État, a tenu une séance de travail avec les responsables des médias publics locaux afin d’évaluer leur fonctionnement.
« Je suis en mission avec le président de la République à Kikwit et j’en profite pour m’imprégner du fonctionnement des médias publics sous ma tutelle, en vue d’envisager leur amélioration en collaboration avec leur hiérarchie respective », a-t-il indiqué.
Le ministre a dressé un constat préoccupant concernant les infrastructures médiatiques locales.
« Le constat est le même, notamment le manque d’infrastructures et/ou celles qui existent sont dans un état de délabrement très avancé, que ce soit à la RTNC, à l’ACP ou au RENATELSAT », a-t-il affirmé.
Il a exprimé sa volonté de voir ces médias fonctionner de manière permanente afin de mieux informer les populations locales sur l’actualité nationale et internationale.
De son côté, le président de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) à Kikwit, Fambien Kambinzi, a dénoncé des dérives dans les médias privés locaux.
« La plupart des journalistes travaillant dans des chaînes de radios et télévisions privées ne respectent pas l’éthique et la déontologie journalistiques, car ils s’attaquent aux individus, voire même à d’autres journalistes », a-t-il déclaré.
Sur ce point, le ministre a regretté l’absence du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) dans la ville de Kikwit, soulignant la nécessité de renforcer la régulation du secteur médiatique local.
La rédaction

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