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Goma : plus de 50 étudiants de l’UAGO toujours détenus à la prison de Munzenze - LES VOLCANS NEWS

Goma : plus de 50 étudiants de l’UAGO toujours détenus à la prison de Munzenze

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Plus de cinquante étudiants de l’Université Adventiste de Goma (UAGO), dans l’est de la République démocratique du Congo, ont été arrêtés le 9 mars par des éléments de la police du Mouvement du 23 mars (M23) après des manifestations liées à une hausse contestée des frais académiques, selon des sources estudiantines et des organisations de la société civile.

Les arrestations sont intervenues alors que des étudiants exprimaient leur indignation face à une décision académique portant sur la majoration des frais académiques durant la période de mini-session de l’année académique 2025-2026.

Selon les étudiants, cette majoration aurait été décidée sans concertation préalable avec leurs représentants.

« Cette majoration n’a fait l’objet d’aucune consultation et viole les engagements pris entre le comité des étudiants et les autorités académiques », a déclaré une source proche de la coordination estudiantine.

La contestation remonte au 5 mars 2026, lorsqu’une information relative à l’augmentation des frais académiques a été portée à la connaissance des étudiants.

En réaction, le comité des étudiants a publié un communiqué référencé 27/UAGO-ISTAGO/CDE/NGA/2026, daté du 3 mars 2026, appelant à la suspension des activités académiques à partir du vendredi 6 mars jusqu’à la révision de la décision par les autorités universitaires.

Le communiqué demandait notamment la publication d’une note officielle clarifiant la structure des frais académiques, leur répartition par faculté ainsi que les montants à payer.

La mobilisation a été organisée à travers les groupes WhatsApp des étudiants et par voie d’affichage sur les valves de l’université.

Arrestations après une réunion avec le rectorat

Le lundi 9 mars, une réunion entre certains membres du comité des étudiants et les autorités académiques a été convoquée par le recteur de l’université, le professeur docteur Elias Semajeri Ladislas, afin de discuter de la question des frais académiques.

Selon plusieurs témoignages, le porte-parole des étudiants a expliqué les raisons de la contestation lors de cette rencontre.

Mais à l’issue de la réunion, des éléments armés de la police du M23 seraient intervenus sur le campus et auraient procédé à l’arrestation du porte-parole ainsi que d’autres étudiants présents dans la cour de l’université.

Des témoins affirment que les étudiants ont été embarqués dans un véhicule de type Jeep.

Indignés par ces arrestations, d’autres étudiants se sont mobilisés pour réclamer la libération immédiate de leurs camarades.

Certains ont brandi des pancartes improvisées portant les messages « Libérez nos camarades » et « Cherchons ensemble une solution par une voie pacifique ».

Selon des sources locales, alors que les étudiants tentaient d’organiser un sit-in pacifique sur le campus, ils ont été arrêtés par des éléments armés de la police, équipés notamment de fusils d’assaut de type AK-47.

Depuis lors, les étudiants interpellés auraient été conduits vers des destinations inconnues.

Inquiétude des familles

Le mardi 10 mars, les familles des étudiants arrêtés se sont rendues au bureau de l’université afin de rencontrer le recteur et son équipe pour obtenir des informations sur leur sort, sans résultat.

Les parents ont ensuite rencontré au gouvernorat administré par le M23 le directeur de cabinet du gouverneur, Bahati Musanga Eraston, dans l’espoir d’obtenir des informations sur le lieu de détention des étudiants, mais sans succès.

Selon certaines sources locales, les étudiants auraient été condamnés à quinze jours de détention par décision du gouvernorat.

D’autres informations indiquent qu’ils auraient été répartis en plusieurs groupes et détenus dans différents lieux, notamment dans les installations de l’Assemblée provinciale transformées en lieu de détention, dans un cachot connu localement sous le nom de « Chien méchant », ou encore à la prison centrale de Munzenze.

Selon plusieurs témoignages recueillis par des organisations locales, certains étudiants seraient accusés d’appartenir aux groupes Wazalendo, aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ou d’être des collaborateurs du gouvernement central de la RDC.

Des sources affirment également que certains détenus seraient privés de nourriture et soumis à des traitements jugés cruels, inhumains et dégradants.

« Certains étudiants seraient détenus dans des conditions extrêmement difficiles, sans vêtements adéquats et sans accès aux soins médicaux », affirme une source de la société civile.

L’administration universitaire appelle au dialogue

De son côté, selon nos confrère de la presse,  l’administration de l’Université Adventiste de Goma affirme que les incidents ont été provoqués par des manifestations ayant dégénéré sur le campus.

Selon des responsables universitaires, un groupe d’étudiants aurait forcé le portail de l’université après une marche partie de la mosquée de Katindo, causant des dégâts matériels.

Le comité de gestion de l’université affirme avoir tenté d’engager un dialogue avec les étudiants et soutient que les frais académiques n’ont pas été modifiés depuis quatre ans.

« Les démarches en cours devraient permettre la libération prochaine des étudiants interpellés », a déclaré un responsable de l’établissement, appelant à la reprise du dialogue afin de rétablir la paix et les activités académiques sur le campus.

Face à cette situation, l’organisation Badilika ASBL appelle les organisations de défense des droits humains, les partenaires internationaux et les autorités compétentes à intervenir afin d’obtenir la libération des étudiants.

« Nous lançons un appel urgent pour des actions de plaidoyer auprès des autorités concernées afin d’obtenir la libération rapide et inconditionnelle des étudiants », a déclaré Kambale Nguka Patrick, secrétaire général de l’organisation.

L’organisation demande également l’implication d’acteurs nationaux et internationaux pour suivre la situation et garantir le respect des droits fondamentaux des étudiants.

« Nous restons convaincus que des actions concertées et urgentes permettront de garantir la sécurité, la dignité et la libération des étudiants concernés », a-t-il ajouté.

La rédaction

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