Quatre jeunes civils sont portés disparus depuis deux semaines après avoir été emmenés de force par des militaires congolais pour accompagner une mission de récupération des corps de soldats tués lors d’une attaque attribuée aux rebelles des ADF dans l’est de la République démocratique du Congo, a affirmé samedi une organisation locale de défense des droits humains.
Selon la Convention pour le Respect des Droits Humains (CRDH) de Mambasa, les jeunes avaient été réquisitionnés à Bandibwami, une localité située à environ 32 kilomètres du centre de Mambasa, afin d’accompagner des éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) vers la position militaire de Banzubanzu, dans la chefferie de Babila Bakwanza, attaquée le 10 janvier par les rebelles ADF.
L’ONG affirme que le groupe est tombé dans une embuscade tendue par les ADF alors qu’il se rendait dans cette zone jugée non sécurisée. Depuis lors, quatre jeunes ne sont jamais rentrés chez eux.
Les disparus sont identifiés comme Charles Kasereka Kamulewa, 27 ans, Georges Kasereka Vughese, 16 ans, Musabau Jore Dieme, 22 ans, et Geremy Kakule Mbalavahi, 28 ans, selon la CRDH.
« Ces jeunes ont été utilisés comme boucliers humains dans une zone à haut risque. Leur disparition nous pousse sérieusement à douter de leur survie », a déclaré Ram’s Malikidogo, coordonnateur de la CRDH Mambasa, dans une déclaration transmise à Reuters.
Les familles des disparus disent ne disposer d’aucune information sur le sort de leurs proches et affirment ne pas savoir vers quelles autorités se tourner pour obtenir des réponses.
La CRDH a appelé l’auditorat militaire détaché de Mambasa à ouvrir une enquête et à interpeller le capitaine des FARDC accusé d’avoir ordonné la réquisition forcée des jeunes civils.
« Nous exigeons que la justice militaire établisse les responsabilités et que toute la lumière soit faite sur cette affaire », a ajouté Malikidogo.
Les FARDC n’ont pas immédiatement répondu aux sollicitations de Reuters. Les informations fournies par l’ONG n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Les rebelles ADF, un groupe armé d’origine ougandaise, sont accusés de nombreuses attaques contre les civils et les forces de sécurité dans la province de l’Ituri et le Nord-Kivu, malgré la présence de l’armée congolaise et de forces alliées dans la région.
La Rédaction

0 Comments