Tshopo : tensions à Banalia après le lancement d’un projet agricole brésilien

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Une vive tension a éclaté ce jeudi 19 janvier dans la localité de Banalia-centre, située dans le territoire de Banalia, au nord-est de la République Démocratique du Congo (RDC), à la suite du démarrage des travaux d’exploitation agricole par une société brésilienne.

Ce projet a été lancé sans la moindre consultation préalable des communautés locales, suscitant l’indignation des habitants et des acteurs de la société civile.

La Nouvelle Société civile congolaise (NSCC), une organisation citoyenne locale, a vivement critiqué cette initiative. Selon Prince Yongo, le coordonnateur territorial de la NSCC à Banalia, « La situation tendue observée à Banalia fait suite au soulèvement de la population locale contre une exploitation agricole initiée par une société brésilienne qui n’a engagé aucun dialogue avec les communautés concernées pour leur expliquer leurs droits ni les modalités de cette exploitation. »

L’entreprise brésilienne aurait déjà commencé à tracer une route pour l’installation de sa base opérationnelle, empiétant ainsi sur des terres cultivées par les habitants.

Ces terres représentent la principale source de subsistance pour de nombreuses familles de la région, qui dépendent principalement de l’agriculture pour vivre.

La NSCC dénonce une violation des principes constitutionnels et légaux de la RDC, qui exigent la consultation des communautés locales avant toute exploitation des terres relevant de leurs droits coutumiers.

« Cette démarche unilatérale viole les dispositions constitutionnelles et légales de la République démocratique du Congo. Ces normes sont essentielles pour prévenir les conflits sociaux et garantir une coexistence pacifique entre investisseurs et populations riveraines », a ajouté Yongo.

Face aux manifestations de la population, les forces de sécurité ont été déployées pour tenter de restaurer l’ordre. Cependant, la NSCC a exprimé son inquiétude quant à l’arrestation de plus de huit membres de la communauté, actuellement en détention.

L’organisation appelle les autorités à privilégier le dialogue et la médiation plutôt que des mesures répressives contre les populations locales.

« Nous déplorons ces arrestations et appelons à la libération immédiate des personnes interpellées. Nous exhortons les autorités locales et provinciales à s’impliquer urgemment pour garantir le respect des droits des communautés rurales et éviter toute aggravation de la situation », a conclu le coordonnateur de la NSCC à Banalia.

À ce jour, toutes les tentatives pour obtenir une réaction de la société brésilienne impliquée, ainsi que des autorités locales, sont restées sans réponse.

La situation à Banalia demeure tendue et les autorités congolaises sont appelées à trouver une solution rapide pour apaiser les tensions et garantir la protection des droits des populations locales.

La rédaction

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