Une vive inquiétude règne sur le site minier de Nyamulombozi, dans le territoire de Shabunda, au Sud-Kivu, où la population locale dénonce une série d’abus imputés à des agents de l’État et à des hommes armés se réclamant des Wazalendo, arrivés de Mapimo sans aucune autorisation administrative connue.
Au lieu-dit Le Panya, sur la rivière Lugulu, habitants, exploitants artisanaux et commerçants font état d’une situation devenue incontrôlable.
Selon plusieurs sources concordantes, ces hommes armés auraient instauré un système de prélèvements illicites, multiplié les intimidations et procédé à des arrestations sans fondement légal, perturbant lourdement les activités minières et le fonctionnement normal de la communauté.
La situation aurait franchi un seuil alarmant dans la nuit du 29 au 30 décembre 2025. D’après des témoins, un responsable local d’un réseau Wi-Fi aurait été menacé de mort, une arme pointée sur le visage, afin de le contraindre à interrompre la connexion Internet. Ce geste, perçu comme une volonté de couper toute communication avec l’extérieur, a renforcé le sentiment d’insécurité et d’isolement au sein de la population.
Des femmes, des commerçants ainsi que des acteurs de la société civile engagés dans la défense des droits humains auraient également été victimes de violences physiques et d’humiliations. Certains auraient été ligotés, privés de nourriture et détenus pendant plusieurs heures, sans présentation de mandat ni intervention des autorités judiciaires compétentes.
Pour les habitants de Nyamulombozi, ces pratiques constituent des violations graves des droits fondamentaux garantis par la Constitution de la République démocratique du Congo. Ils rappellent également que le Code minier congolais interdit formellement la présence d’hommes armés sur les sites d’exploitation minière, en dehors des missions clairement définies par l’État.
Au-delà des abus dénoncés, la population redoute une montée de la colère populaire face à la répétition de ces actes, dans une zone déjà fragilisée par l’insécurité et l’isolement. « La situation devient explosive », confie un notable local, qui craint des affrontements si aucune mesure urgente n’est prise.
Face à cette dérive, les habitants lancent un appel pressant aux autorités provinciales et territoriales, notamment au gouverneur du Sud-Kivu, à l’administrateur du territoire de Shabunda, aux services de sécurité, à la Division provinciale des Mines et au SAEMAP, afin qu’ils rétablissent l’autorité de l’État sur le site.
Les organisations de la société civile et les médias sont également sollicités pour documenter les faits et briser le silence autour de ces violations.
Pour la population de Nyamulombozi, l’enjeu dépasse la seule exploitation minière. Il s’agit avant tout de garantir la sécurité des personnes, le respect des lois de la République et la fin des pratiques illégales qui minent la cohésion sociale.
« La vie humaine est sacrée », martèlent-ils, exhortant l’État congolais à jouer pleinement son rôle de garant de la paix, des droits humains et de la bonne gouvernance dans les zones minières.
Rédaction

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