Une vive tension a marqué la séance plénière de l’Assemblée nationale ce mercredi 17 septembre à Kinshasa, alors que les députés examinaient les suites à donner aux pétitions visant cinq des sept membres du bureau, dont le président Vital Kamerhe.
Présidée par le Premier Vice-président Jean Claude Tshilumbayi, la séance a été perturbée par de fortes dissensions sur les priorités à l’ordre du jour. L’intervention du député Justin Bitakwira, élu d’Uvira (Sud-Kivu), a particulièrement enflammé les débats.
Prenant la parole depuis la tribune, M. Bitakwira a déploré ce qu’il a qualifié de déconnexion entre les préoccupations du peuple et les querelles internes du Parlement.
« Le peuple qui nous regarde pense que nous sommes des inconscients », a-t-il déclaré, provoquant un tollé immédiat dans l’hémicycle.
Il lui a été demandé de retirer ses propos.
Tentant de recentrer son discours sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, le député a évoqué « une maison en feu », dénonçant les massacres, les tueries et les souffrances de la population dans les zones occupées. Mais ses collègues, refusant d’être détournés de l’objet principal de la séance — les pétitions — l’ont interrompu à nouveau.
Malgré une pause ordonnée par la présidence de séance pour calmer les esprits, la tension est restée palpable. Contraint de se retirer du débat, Justin Bitakwira a cédé le micro, visiblement amer et frustré.
La plénière s’inscrit dans une séquence politique délicate pour l’Assemblée nationale, où cinq membres du bureau, dont Vital Kamerhe, sont visés par des pétitions portant sur des faits non précisés publiquement. Seuls Jean Claude Tshilumbayi et Christophe Mboso ne sont pas concernés.
Face à cette situation, une commission spéciale temporaire, composée de 22 membres (un par groupe parlementaire et un représentant des non-inscrits), a été mise en place. Elle dispose de 72 heures pour examiner les pétitions et soumettre un rapport à la plénière, en vue d’éventuelles décisions de destitution.
La rédation

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