La ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu à l’Est de la République Démocratique du Congo, s’est réveillée ce mardi 16 septembre sous un climat inhabituel.
Des foyers de tension sont apparus tôt le matin dans le quartier Malepe, après qu’un boucher y a été tué par des bandits armés dans la nuit du lundi au mardi.
Un acte qui a provoqué la colère de la population locale, notamment de la jeunesse du quartier.
Spontanément, des jeunes en colère ont tenté de perturber les activités de la journée en érigeant des barricades et en brûlant des pneus sur certaines artères du quartier. Leur objectif : exprimer leur indignation face à l’insécurité grandissante dans la ville.
Heureusement, l’intervention rapide de la Police Nationale Congolaise (PNC), dirigée par le commissaire supérieur principal Jean Fabien Cebestien Kamuha Lemba, a permis d’éviter l’escalade. Ce dernier, bien que malade selon ses propres dires, s’est personnellement rendu sur le terrain pour calmer les esprits.
« Nous sentons ensemble la douleur avec vous après la perte d’un de nous. Mais je crois que nous devrions d’abord nous calmer afin de permettre à l’État de bien organiser le deuil de notre compatriote. Moi-même qui suis malade, je me suis réveillé pour venir compatir avec vous, car c’est l’un de mes devoirs d’être aux côtés de la population quand elle est en difficulté », a déclaré le commissaire Kamuha devant les manifestants.
Avec tact et fermeté, le commandant urbain de la police a réussi à convaincre les jeunes de cesser la manifestation. Il les a ensuite accompagnés jusqu’à l’hôtel de ville, où ils ont été reçus par les autorités urbaines pour discuter de l’organisation des obsèques du boucher assassiné.
« Maintenant là, je vous demande de vous organiser en équipe pour qu’on aille voir le maire de ville dans son bureau, afin qu’on discute de comment organiser le deuil de notre frère », a-t-il poursuivi.
Selon nos sources sur place, la situation est redevenue calme en milieu de journée. Le commissaire Kamuha a salué la maturité des jeunes qui ont accepté de canaliser leur colère de manière responsable.
Les circonstances du meurtre du boucher restent encore floues. Une enquête a été ouverte par les autorités compétentes pour faire toute la lumière sur cet acte odieux.
Les habitants de Malepe, quant à eux, demandent plus de sécurité et une présence renforcée des forces de l’ordre dans leur quartier, devenu selon eux une cible régulière de la criminalité nocturne.
La Rédaction

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